Ingenuity sur le sol martien !
Le rover Perseverance a largué son petit compagnon Ingenuity. Les pieds de l’hélicoptère sont entrés en contact avec la surface martienne et le rover s’est rapidement éloigné.
« L’hélicoptère est sur la zone de vol ! » : la Nasa a confirmé aujourd’hui 4 avril 2021 qu’Ingenuity avait bien été posé sur Mars. À l’issue d’un déploiement qui a pris plusieurs jours, le rover a enfin pu se séparer d’Ingenuity.
L’hélicoptère a fait une petite chute de 10 centimètres, depuis le ventre du rover auquel il était attaché par le haut. Les images brutes diffusées par l’agence spatiale montrent que Perseverance s’est ensuite mis à rouler, afin de laisser l’hélicoptère profiter des rayons du Soleil. Ingenuity doit désormais compter sur son panneau solaire, installé au-dessus de ses pales, pour obtenir de l’énergie.
Comme l’a mentionné le Jet Propulsion Laboratory, la prochaine étape pour Ingenuity, après ce contact réussi avec la surface martienne, est de survivre à la première nuit seul sur la planète, sans l’aide du rover. Ingenuity doit supporter des températures allant jusqu’à -90°C. Tant qu’il était lié à Perseverance, Ingenuity pouvait compter sur lui pour garder une batterie chargée à 100 %. Désormais, il doit s’alimenter seul en énergie, ce qui est nécessaire pour faire fonctionner son système de chauffage. L’agence spatiale doit vérifier si son hélicoptère survit à cette première nuit, si son panneau solaire fonctionne correctement et si les performances de la batterie sont bonnes. Si tel est le cas, il sera possible de passer aux étapes suivantes : déverrouiller les pales d’Ingenuity et tester tous ses capteurs et moteurs.
La première tentative de vol doit avoir lieu au plus tôt le 11 avril prochain. Si cet essai n’est pas repoussé, les premières données devraient ensuite arriver sur Terre le lendemain, le 12 avril. Il se contentera de s’élever, puis de redescendre, ce qui représente déjà un grand défi dans l’atmosphère martienne. Le vol doit durer une vingtaine de secondes, avec une altitude maximale de 3 mètres. Le rover, lui, doit observer la scène à 100 mètres de distance : de cette façon, les communications entre Perseverance et Ingenuity sont possibles, mais le rover reste en sécurité si l’hélicoptère échoue à sa mission. Si la première tentative de vol se passe bien et qu’Ingenuity est toujours fonctionnel, un autre vol sera réalisé. Au total, la Nasa prévoit jusqu’à 5 vols maximum, à chaque fois envisagés en fonction des résultats des essais précédents. Les paramètres des vols pourront changer, avec des déplacements horizontaux, des altitudes plus élevées (jusqu’à 5 mètres) et des durées plus longues (environ 90 secondes). L’hélicoptère est équipé de deux caméras qui doivent servir à immortaliser ses vols.
Pièce du premier avion des frères Wright à bord
La NASA a également annoncé que l’hélicoptère expérimental contenait un petit échantillon de tissu de l’avion Wright Flyer de 1903 des frères Wright.
Le parc historique de Carillon à Dayton, Ohio, la ville natale des Wright, a fait don du morceau de mousseline de la taille d’un timbre-poste de l’aile inférieure gauche de l’avion à la demande de la NASA. L’échantillon a fait le voyage de 480 millions de kilomètres vers Mars avec la bénédiction de l’arrière-petite-nièce et arrière-petit-neveu des frères Wright, a déclaré le conservateur du parc Steve Lucht.
« Wilbur et Orville Wright seraient heureux de savoir qu’un petit morceau de leur Wright Flyer I de 1903, la machine qui a lancé l’ère spatiale avec un vol d’à peine 400 m, va à nouveau entrer dans l’histoire sur Mars », ont déclaré Amanda Wright Lane et Stephen Wright, dans un communiqué fourni par le parc. Orville Wright était à bord pour le vol motorisé et contrôlé le 17 décembre 1903 à Kitty Hawk, en Caroline du Nord. Les frères se sont relayés, effectuant quatre vols ce jour-là.
Un fragment de bois et de tissu du Wright Flyer a volé vers la Lune avec Neil Armstrong d‘Apollo 11 en 1969. Un échantillon a également accompagné John Glenn en orbite à bord de la navette spatiale Discovery en 1998. Les deux astronautes venaient de l’Ohio. Le matériau est collé à un câble sous le panneau solaire de l’hélicoptère.
(En faisant preuve d’un peu de chauvinisme, il faut toutefois préciser que Clément Ader, ingénieur français, pionnier de l’aviation, serait le premier à avoir fait décoller un engin motorisé plus lourd que l’air 13 ans plus tôt en 1890, même s’il n’existe pas de preuve formelle qu’il ait effectivement quitté le sol, ni qu’il ait pu manœuvrer l’appareil).
Bonne soirée sur Terre,
Jacques Dufour


Par ailleurs, lors de cette période ensoleillée, son souci constant sera de s’éloigner de ses congénères pour observer en toute quiétude les oiseaux et autres manifestations de la nature.


Le premier samedi de ce même mois, la recherche de nouveaux volatiles le conduit, en famille, au centre de loisirs de Beaumont-Saint-Cyr. Il n’est pas le seul à avoir eu cette idée. Plusieurs familles s’y retrouvent notamment pour déjeuner en plein air. Des enfants un peu bruyants troublent sa visite de la réserve ornithologique, zone interdite à la promenade de River et donc de sa maîtresse. Malgré tout, vanneaux et grèbes, tous huppés, y sont observés. Un prunier en fleurs y accueille quelques insectes dont un vulcain. 
A cette époque, l’eau coulait encore sur la planète rouge et la rivière que l’on nomme aujourd’hui Néretva s’écoulait dans ce cratère (en haut à gauche de l’image). C’est cet endroit aujourd’hui asséché que le rover va explorer, en réalisant des prélèvements et mesures à la recherche d’hypothétiques traces de vie passée. Le lac de 39 km de diamètre qui s’était formé dans ce cratère se déversait à son tour dans la vallée visible en bas à droite de l’image.


A près de 3 000 km de là, son prédécesseur Curiosity, qui roule sur Mars depuis 2012, jalouse un peu l’insolent engouement médiatique autour de Perseverance. Pour pallier cette petite contrariété, il nous a envoyé une magnifique image de l’impressionnant canyon qu’il explore. Histoire qu’on ne l’oublie pas, ni lui, ni les ingénieurs qui le pilotent…
Chère adhérente, cher adhérent,
Sur la photo jointe, on aperçoit au centre l’endroit où il s’est posé et, à gauche et à droite, les zones qui ont été soufflées par les rétrofusées au moment de son atterrissage. Les traces de ses roues sont bien visibles au centre et en bas à droite. En haut de l’image, à 1,8 km, ce sont les alluvions du delta qu’il doit explorer.
Son bras articulé au bout duquel se trouve la caméra construite par le CNES à Toulouse a été activé et 6400 photos ont déjà été prises. Les ingénieurs ont procédé ainsi à une inspection visuelle du robot en réalisant une myriade d’images de l’ensemble de ses équipements pour vérifier qu’ils n’ont subi aucun dommage durant la phase périlleuse de l’atterrissage où du sable et des graviers ont été projetés par les rétrofusées.


