Un chasseur d’images amateur reconfiné en novembre 2020.

Le vendredi 30 octobre 2020, à minuit, le deuxième confinement, annoncé deux jours plus tôt par le président de la République, prend effet. Le dispositif connaît quelques différences notables par rapport au premier : ouverture des établissements scolaires, maintien de l’ouverture des parcs et espaces verts…

L’attestation de déplacement dérogatoire est de retour avec neuf types de motifs permettant d’y déroger. Comme au printemps, des déplacements brefs, liés à l’activité physique ou à la promenade, sont notamment possibles « dans la limite d’une heure quotidienne et dans un rayon maximal d’un kilomètre autour du domicile ». Les formulaires du journal local seront utilisés, évitant ainsi l’impression sur une feuille blanche.

A l’instar des travaux suspendus au déversoir de l’usine EDF depuis la fin d’octobre, la vie semble s’être figée sur le plan d’eau où restent seuls vraiment actifs les cygnes et les cormorans. Cette impression est la conséquence d’une observation plus restreinte des lieux. Tout en ayant pris le risque de porter son appareil photo, le chasseur d’images peut difficilement rester quelques dizaines de minutes à scruter les bords de la Vienne afin d’y repérer notamment les martins-pêcheurs. La vision furtive de leurs vols lui permet toutefois de s’assurer de leur présence.

Les oiseaux blancs et leurs homologues noirs semblent s’être partagé le coin. Les cormorans se cantonnent en amont du pont Camille de Hogues, notamment à l’ouest du terre-plein central de l’usine, et y occupent le sommet des arbres, utilisés comme dortoirs. La douzaine de cygnes se maintient en aval du même pont. De part et d’autre, quelques téméraires osent des incursions dans le camp adverse sans déclencher des protestations. S’ils sont le fait d’oiseaux solitaires chez les sombres, ces raids sont exécutés par des couples clairs.

Outre des rondes rapides aux abords du plan d’eau, les promenades quotidiennes comprennent également une traversée du parc Aristide Briand. Le port du masque y est obligatoire avec un accès possible aux jeux d’enfants. Très peu fréquenté, ce parc offre un abri sûr à plusieurs passereaux : mésanges, pinsons des arbres et moineaux.

Les rues empruntées offrent également des surprises : tourterelles turques dans la rue de l’abbé Lalanne, étourneaux dans la rue Camille Lebeau.

Comme au printemps, des oiseaux sont également observés dans la résidence du chasseur d’images : le 3 novembre, une mésange bleue agrippée au mur d’enceinte, les 8 et 16, trois chardonnerets déjeunant dans les arbres de l’allée principale, le 14, un rouge-gorge dans un jardin voisin.

A partir de la fin du mois de novembre, l’allongement, dans la limite de trois heures quotidiennes, des déplacements en plein air autorise des

rencontres comme celle d’un homologue, le 28, en pleine action devant le pont Henri IV.

L’application AntiCovid est alors utilisée pour générer les attestations dérogatoires.

Cette nouvelle tolérance permet au photographe de répondre favorablement à une invitation de Philippe Bellin, le 2 décembre, pour une sortie « nature » au jardin de la Manu. L’organisateur, aidé de Max Poisay, guide ainsi deux amateurs dans la découverte de la flore locale. L’identification des plantes donne lieu à de fructueux échanges avec le recours occasionnel à des applications comme iNaturalist.

Au début du mois de décembre, avec l’arrivée du mauvais temps, la Vienne connaît une brusque montée des eaux qui entraîne une submersion de la végétation au fond du canal de décharge. Un puissant courant gêne l’activité des colverts. Les cormorans quittent le versant occidental du terre-plein pour se réfugier dans les arbres voisins. Moins nombreux, les cygnes continuent à se battre contre le courant pour trouver leur pitance. Le 5 décembre, un adulte et deux juvéniles s’aventurent à quelques mètres, en amont du barrage EDF.

Le cauchemar, décrit par Jacques Dufour dans « Mystère à Châtellerault », semble un instant devenir réalité. Heureusement la présence de la femelle du martin-pêcheur apporte, le 4 décembre, une note d’espoir. Le confinement automnal prendra fin le 15 décembre avec l’instauration d’un couvre-feu à partir de 20 h 00.

Denis Lemaître

Lettre d’information aux adhérents du 4 janvier 2021

Chère adhérente, cher adhérent,

L’année 2021 débute avec une part d’incertitudes.

2020 et son lot de déconvenues a connu une note positive, de dernière minute, avec la sortie du bulletin n° 153, bulletin en cours de distribution. En matière de publications, le contrat annuel est ainsi rempli.

Le report récent, jusqu’à nouvel ordre, de l’ouverture des salles de spectacle prévue le 7 janvier, met en péril nos activités du début de l’année. Aussi les rendez-vous des 13 et 30 janvier sont-ils annulés.

Nous savons combien vous appréciez les conférences proposées. Comme pour 2020, un très intéressant programme était en place pour le premier semestre 2021. Elles reprendront dès la réouverture des salles par la municipalité.

Une évidence s’impose : la reprise des activités de la Société en présence du public, subordonnée aux orientations gouvernementales et à leurs répercussions locales, doit être reportée.

Avec pour objectif principal de ne pas rompre le lien avec vous, les administrateurs de l’association vont poursuivre leurs actions selon les axes suivants :

– gérer au mieux la société en s’appuyant sur les moyens modernes de communication et en se réunissant régulièrement en comité restreint (pas plus de 6 personnes),

– réfléchir à l’organisation d’une assemblée générale, tant fort pour l’expression des adhérents de toute association, soit de façon présentielle avant juin, soit immatérielle par correspondance postale ou électronique,

– produire au moins les trois bulletins annuels avec le recours possible à de nouveaux rédacteurs tout en comptant sur les valeurs sûres alimentant déjà nos cahiers,

– conforter la présence de la Société sur les réseaux sociaux par une animation renforcée du site et l’ouverture d’une page Facebook,

– diffuser en temps réel des informations grâce à une lettre mensuelle plus attractive,

– surtout mettre à profit la moindre occasion pour vous retrouver lors de manifestations publiques.

En ce début de nouvelle année, soyez assuré que votre soutien est toujours aussi indispensable à la survie de votre association. Aussi vous appartient-il de renvoyer au plus vite votre bulletin d’adhésion pour 2021.

Les administrateurs se joignent à moi pour vous souhaiter à nouveau une excellente année 2021. Qu’elle vous apporte joie, bonheur, sérénité et réussite dans tous vos projets.

Avec l’espoir de vous revoir prochainement, très cordialement.

Votre président, Denis Lemaître.

 

Conte médiéval, chapitre III

En ces temps-là, l’activité des boutiques avait repris. De riches marchands s’en allaient quérir étoffes et autres produits manufacturés dans des régions reculées où la main-d’œuvre était bon marché. Ils les revendaient ensuite dans les villages aux regrattiers en faisant de confortables bénéfices. De longs convois de charrettes chargées de marchandises circulaient sur les chemins. Elles doublaient à vive allure les pauvres colporteurs (les pieds poudreux, comme on les nommait alors, car ils n’avaient point de chausses) qui devaient gagner chichement leur pitance.

Dans les villages aussi, la circulation était malaisée, car il fallait pourvoir échoppes et marchés. Des carrioles stationnaient parfois en double file et il était souvent difficile de se frayer un chemin au milieu de tout cet encombrement. Durant le déchargement, les animaux se soulageaient et le pavé des rues devenait aussi glissant que nauséabond. Il y avait là matière à vous crotter la plus résistante galoche, le plus joli sabot, et que dire de ceux qui venaient en ces lieux en escarpins !

Le ministère du Carroyage avait instauré une taxe : tous les chariots, charrettes et tombereaux y étaient soumis et le montant croissait en fonction du nombre de chevaux ou bœufs attelés. Les carrioles et les chars à un seul animal étaient toutefois exonérés car le Roy, magnanime, avait demandé d’épargner les plus humbles de ses sujets. Tout ce Crottin Ordinaire Olfactif – le fameux CO2 – polluait les villages, et les médecins les plus brillants annonçaient que le fait de respirer les humeurs émises par toutes ces déjections animales était un risque certain pour la santé des villageois et des conducteurs. Les druides annonçaient dans leurs prophéties que le remugle de ces gaz enivrerait le ciel et que cela modifierait le climat. Les calamités telluriques les plus désastreuses et les ténèbres s’abattraient alors sur la Terre. Si l’Etat ne prenait pas des mesures pour réduire cette pollution au CO2, pour sûr, l’Apocalypse serait pour demain, clamaient les prédicateurs.

Le Roy reconnut que, pour résoudre ce problème de merdasserie, il fallait réunir ministres, seigneurs, sénéchaux, conseillers, échevins et représentants du peuple. Il créa donc la Grosse Commission qui devait proposer des solutions avant que n’apparaisse la prochaine Lune. Des confréries, qui se disaient plus vertes que l’herbe des prés au printemps, luttaient elles aussi contre ces déjections et préconisaient le recours aux colporteurs pédestres ou l’utilisation d’animaux moins polluants. Le mieux serait le circuit court : pourquoi aller chercher dans le village voisin ce qui pourrait être réalisé dans le nôtre ?

Il fallait donc réduire les parcours, utiliser des animaux de plus petit gabarit, ce qui diminuerait la consommation d’avoine et de foin. Les commerçants, qui se trouvaient ainsi blâmés des conséquences de leurs transports, se défendaient en mettant en avant l’apport de moult marchandises rares à des tarifs concurrentiels. Ils regrettaient que bien des gens du village n’aient pas les compétences requises pour fabriquer toutes ces denrées nouvelles. Et puis, avec toutes ces exigences que réclamaient les villageois, sur le salaire minimum, les congés qu’il fallait rémunérer, les RTT, et les indemnités qu’ils quémandaient quand ils ne travaillaient point, c’était pour sûr un manque de compétitivité.

Le Roy consulta ses ministres et annonça qu’il revenait à l’Etat de prendre de drastiques décisions pour réduire cette inconvenante pollution au CO2, sans parler des émissions de gaz de tous ces équidés et ruminants. Déjà, le trou de l’ozone pointait son orifice maléfique sur le monde des pollueurs. La Grosse Commission se réunit, consulta les éminences du royaume et quelques jours plus tard, le Grand Chambellan présenta les mesures au peuple pour cette transition énergétique de la traction animale. A partir de l’année suivante, tombereaux, charrettes et autres chars tirés par de lourds ruminants ou équidés seraient taxés par un malus proportionnel au nombre d’animaux de trait.

L’Etat préconisait désormais leur réduction, et l’usage des mules et des ânes, beaucoup moins polluants. Il alla même jusqu’à instaurer un bonus pour ceux qui condescendraient à utiliser de simples poneys. Les cochers étaient en rage : comment faire pour conduire nos seigneurs désormais ? Le carrosse n’avancera point si on remplace quatre vaillants destriers par trois mules têtues et vite essoufflées. Les charretiers juraient ! Les puristes passionnés de randonnées à vive allure se demandaient où serait désormais le plaisir de chevaucher ? Et qu’en serait-il des escuyers du Roy qui accompagnent son carrosse ? Ces nobles montures, fussent-elles royales, émettent elles aussi moult émanations de CO2 sur le pavé parisien. Le Roy devait-il désormais se faire accompagner par une escorte de poneys ? Cela ferait sans nul doute bien rire les monarques des pays voisins. Le chancelier du royaume aurait dû s’en inquiéter ! La royale conférence n’avait rien précisé sur ce point !

La sobriété étant de mise, quelques aventureux étaient allés chercher chez les Ibères un curieux animal aussi robuste que bossu et fort économe en nourriture et eau. Il venait, disaient-ils, d’Arabie où les Sarrasins l’employaient à porter de lourdes charges sur de longues distances. C’est ainsi que le dromadaire ① fit son apparition sur le territoire des Francs !

La question de l’autonomie arriva, chacun ayant compris que si quatre courageux chevaux pouvaient tirer une charrette sur vingt lieues sans demander nourriture, cela était impossible pour les mules. D’une part, elles marcheraient plus lentement et d’autre part, il faudrait s’arrêter pour les recharger en nourriture, ce qui allongerait notablement le temps du parcours. La mule est capricieuse et mange lentement ! Cela nécessiterait de créer des bornes de rechargement d’eau et d’avoine sur les chemins loin des villages. Sans doute faudrait-il encore payer quelques deniers d’argent à un garde pour les laisser se recharger ? C’en était déjà assez des diverses taxes d’octroi et de tonlieu, des attaques de brigands qui vous détroussent de vos bourses et de votre marchandise, désormais il faudrait payer pour nourrir et abreuver les bêtes en route ! Où allions-nous ? Pauvre pays des Francs !

Le sujet faisait le buzz, et les discussions étaient fort animées dans toutes les tavernes du royaume. C’est que, désormais, les plus vaillants palefrois ne cotaient plus rien sur le marché de l’occasion. Impossible de les vendre sans faire une grosse perte lors de la foire mensuelle. En revanche, mules et ânes avaient subitement vu leur prix grimper. Les plus anciens charretiers – plutôt climato-sceptiques – disaient qu’ils avaient respiré toute leur vie du CO2 et qu’ils n’en n’avaient point eu d’humeurs pour autant. Selon eux, ce n’étaient là que balivernes de druides incompétents, de ministres avides de taxes pour remplir les coffres du royaume. Les plus hostiles haranguaient les confréries vertes, menées par des jouvenceaux ambitieux, aussi chevelus qu’ignorants, et surtout une jeune jouvencelle du royaume des Vikings, qui voulaient repeindre en vert tout le pays des Francs.

Il fallait derechef faire taire ces enverdeurs ! Les chemins qui reliaient les villages étaient en fait les anciennes voies romaines construites quelques siècles auparavant. Mais les provinces ne possédaient que des coffres quasiment vides et l’entretien laissait à désirer : dalles manquantes et profondes ornières toujours remplies de boue, car il pleuvait beaucoup à cette époque où le réchauffement climatique était encore inconnu. Les échevins obligeaient bien les villageois à la corvée de bouchage des trous en apportant quelques cailloux, mais la population prudente et qui manquait parfois d’audace ne s’aventurait guère à plus d’une demi-lieue du bourg. Au-delà, il fallait être vigilant car il y avait souvent pilleries et rançonnements. Certains seigneurs faisaient même détériorer volontairement les chemins de leur seigneurie, car toute marchandise tombée d’un chariot devenait alors leur propriété !

Les charretiers fouettaient leurs bêtes et roulaient à vive allure pour toujours arriver avant la nuit dans les villages, car il était hasardeux de bivouaquer dans les bois, toujours mal fréquentés. Il est vrai que les auberges étaient rares sur les chemins. Avec cet empressement, nombre de charrettes se télescopaient ou versaient dans le ravin. Le Grand Chambellan avait été informé de tous ces accidents qui endeuillaient le pays. Il promulgua un décret qui désormais limiterait la vitesse des chars et autres charrettes sur les chemins de province à quatre-vingts pas à la minute. La mesure devenait applicable dès le début de l’été suivant. « Des contrôles seront effectués par les brigades des chevaliers du Roy », avait-il annoncé ! La grogne continua de monter parmi les charretiers qui réclamaient toujours en jurant à grands cris le retour au quatre-vingt-dix pas. Ils s’insurgeaient contre cette mesure prise par des technocrates parisiens sans concertation avec les seigneurs de province.

Le Grand Chambellan, qui avait fait quelques déplacements dans tout le royaume, avait dû subir les quolibets d’une population lassée par les mesures royales. C’était – avait-il ouï – une atteinte aux libertés fondamentales du peuple, le droit de se mouvoir avec l’animal que l’on souhaite, à la vitesse que l’on veut. Partout sur son passage, il subissait un tintamarre d’écuelles et de marmites, un charivari à le faire
choir de sa noble monture, mais point de banderoles, car en ces temps-là les Francs d’en bas ne savaient point écrire, ni jouer au scrabble. Epuisé et fort courroucé que le peuple lui ait causé du déplaisir, le teint pâle et l’œil humide, il demanda audience au Roy et lui conta ses mésaventures, le mécontentement de tous ces gueux, cette jacquerie qui s’organisait dans les provinces, tous ces gens qui revêtaient des chasubles jaunes, qui barraient les carrefours en faisant des brûlots de bois mort : « Pour sûr, sire, il faut faire œuvre de compréhension teintée de prudence et faire taire cette révolte avant que tous ces manants ne viennent élever quelques barricades avec les pavés parisiens et attaquer votre castel royal ». Le Roy répondit que de mémoire de capétien, jamais pareille révolte n’avait été ourdie !

Après réflexion dans son palais, il se dit qu’il avait senti le vent du boulet. Il consulta quelques ministres, puis son fou et décida qu’afin de faciliter l’adoption de cette mobilité propre, l’Etat proposerait une aide à la conversion animale en accordant une bourse remplie de 4000 deniers d’argent à tout charretier qui souhaiterait remplacer son cheval par une mule ou un âne et que la somme serait portée à 6000 deniers pour un poney. Il autorisa les attelages composés d’un cheval et d’un poney. Le premier assurerait la traction sur les chemins de campagne, le second qui pourrait se recharger sur les bornes d’avoine, réduirait les émissions de CO2 dans les bourgades. Il venait d’inventer la version hybride rechargeable !

Il confirma aussi que les octrois et le stationnement dans les villages seraient dorénavant gratuits pour ces équipages. Il permit aux seigneurs de province d’établir la vitesse qui leur conviendrait pour les chemins et les routes dont ils avaient la charge. Il demanda aussi que l’on fit venir en son palais quelques citoyens parmi les moins rustres, afin qu’il écoutât leurs revendications. « Ces mesures calmeront le bon peuple, me permettront de restreindre la pollution du CO2, et en même temps améliorera ma popularité », se disait-il en son for intérieur.
Demain sera un autre jour !
C’était il y a mille ans …

« Dromadaires dans l’Occident médiéval » Alain DIERKENS – Université de Bruxelles « Histoire des Francs » Grégoire de Tours

Jacques DUFOUR

Publié sur parchemin recyclé, encre biologique, plumes d’oies non gavées.
Ne pas jeter sur le chemin public.

Conte médiéval, chapitre II

C’était en 1020, le onzième jour de may, le Grand Chambellan du Roy avait expliqué que les fièvres s’étaient atténuées et que, même si beaucoup de malades étaient toujours alités et que certains trépassaient encore, il allait un peu relâcher la bride sur ses sujets, oh ! Juste un peu.

Il n’était désormais plus nécessaire d’être porteur d’un parchemin pour aller au village, ou s’éloigner d’un quart de lieue, ce qui enchantait le petit peuple, mais contrariait les scribes qui perdaient ainsi moult clients, car en ces temps reculés peu d’entre eux connaissaient l’écriture. Les échoppes pouvaient rouvrir, mais pour y pénétrer il fallait toutefois se masquer le minois et s’enduire les mains d’onguent. Cependant, tavernes et auberges devaient encore garder portes closes, ce qui provoqua un vent de révolte chez leurs tenanciers où victuailles et vins commençaient à se gâter.

Trois semaines plus tard, le Grand Chambellan avait accordé aux sujets du Roy le droit de pouvoir reprendre le travail et de se rendre à vingt-cinq lieues de leur demeure. Ce fut un grand bonheur pour le peuple qui pouvait, après ces deux longs mois d’isolement, retrouver qui sa famille, qui ses amis, qui ses compagnons de labeur. La plus grande contrainte avait été de troquer la traditionnelle escharpe contre un masque peu seyant. Néanmoins, les ministres conseillaient de maintenir le travail à distance, ce qui était fort complexe dans les contrées les plus reculées où les réseaux et le wifi ne passaient pas…

Cette situation contentait toutefois certains travailleurs, qui pouvaient ainsi rester en leur chaumière et porter à longueur de jour leurs braies de jogging ou un simple caleçon. D’ailleurs, certains s’étaient tant goinfrés de soupes grasses et de cochonnailles durant toute cette confination, sans jamais aller marcher même au centre du village et avaient pris un tel embonpoint qu’ils ne rentraient plus dans leurs braies trop étroites, dans leurs chemises trop serrées ! C’était même un drame pour certaines femmes qui n’osaient plus paraître devant leurs voisines et amies… En ce joli mois de mai, les hommes les plus hardis harnachaient leurs montures pour s’en aller courir par les chemins et les bois. Les plus humbles avaient attelés boeufs ou mulets à leurs modestes charrettes pour quérir le bois de chauffage qui commençait à manquer en cette fin de frais printemps, car en ces temps-là la météo était rude, les hivers longs et glacials et l’on ne parlait encore point de réchauffement climatique.

Début juin, quand la neige fut enfin fondue, le Roy abolit toute contrainte pour son peuple, les escoles purent rouvrir et la marmaille libéra enfin des parents épuisés par ces deux mois de garderie forcée dans de modestes chaumières surpeuplées et en grand désordre. Le Roy et son Grand Conseil avaient reporté le second tour de la votation pour élire les échevins qui n’avaient pu l’être au printemps. Son Grand Chambellan dont la barbe, sournoisement attaquée par quelque invisible virus, blanchissait de jour en jour, se fit vaillamment élire bourgmestre en son havre normand. Le Roy, voyant sans doute un mauvais présage en ce revirement de pigmentation de pilosité, le congédia. Le pestiféré, qui n’était pas tout blanc dans cette affaire, mais plutôt poivre et sel, s’en alla donc revoir sa Normandie, ses pommiers et ses célèbres vaches noires et blanches elles aussi, soulagé de ne plus ouïr la révolte des tuniques jaunes et subir les caprices jupitériens du Château.

Un remplaçant arriva, le Roy était allé le mander jusqu’en Navarre. C’était un rustre gaillard, un peu vintage, avec un accent gascon aux fortes émanations d’ail, dont les mimiques amusaient la cour du Roy et le petit peuple. Il était fort pédagogue et, pour que les gueux qui n’avaient pu aller aux escoles comprennent bien ce qu’il disait, il répétait toujours les phrases qu’il jugeait importantes. Il décida – en responsabilité – que le port du masque serait dorénavant o-bli-ga-toi-re dans tous les villages, marchés et échoppes. L’été avançait et les Francs qui le pouvaient partaient en vacances. Le bord de mer était leur principale destination, mais passer les frontières du royaume était une entreprise risquée. Les plus audacieux réussissaient à atteindre le royaume des Ibères et les rivages de cette mer entre les terres, là où l’on se restaure de curieux plats composés de riz jaunasse accompagné de morceaux de poularde sentant la poiscaille. Les moins aventureux envahissaient petit à petit les bords de l’Atlantique.

Le peuple se libérait donc après cette longue nuit de confination, il faisait ripaille bruyamment et se désaltérait à grandes gorgées de vin. Quant aux jeunes jouvenceaux et jouvencelles, ils festoyaient nuitamment à n’en plus finir en se faisant passer à travers le gosier des breuvages élaborés par de savants alchimistes. Divers esprits de vins promptement mélangés à d’étranges fruits et herbacées les enivraient, et leurs cerveaux embrumés par ces vapeurs éthyliques ne leur commandaient plus de respecter la distanciation préconisée par l’Agence Royale de Santé. Ils parlaient alors dans un langage des plus barbares de « mojito, spritz, shoots , de faire des face-time et des whatsapéro ». Ils se faisaient porter par des livreurs pédestres (le vélo Uber n’avait pas encore été inventé) d’énormes quantités de tourtes cuites au feu de bois avec des tomates et du fromage fondu, une mode venue de la lointaine province de Campanie. Certains humaient des vapeurs d’herbe séchée puis lentement consumée, venue clandestinement de chez les Sarazins. Bardes et ménestrels, si longtemps confinés, car travaillant dans l’événementiel, et qui avaient dû cesser leur labeur, se lâchaient désormais en créant des musiques assourdissantes que seul le diable aurait pu entendre ! Les lendemains étaient plus tristes car, outre les maux de tête sous ces blondes chevelures et quelques régurgitations de leurs entrailles, la fièvre maligne rôdait et se transmettait de groupe en assemblée. Le ver était dans le fruit et le virus dans la teuf. Il appartenait donc au Roy de guérir les écrouelles, le virus et le taux d’alcoolémie des jeunes Francs qui ne cessaient de grimper dans les bilans hebdomadaires du directeur de la santé, qui jugeait la situation sous contrôle, mais fort alarmante. Jugement de Salomon…

Les tavernes avaient enfin rouvert, mais pour y ingurgiter cochonnaille et chapons gras, il fallait suivre le protocole royal. Avant de s’asseoir devant son écuelle, l’on devait entrer masqué d’une étoffe et se laver les mains avec cet onguent d’esprit de vin. D’aucuns voulaient parfois se rincer le gosier avec : « Cela nous protégera des humeurs qui donnent la fièvre », disaient-ils. Mais l’aubergiste veillait, toujours prêt à servir quelques pichets remplis du vin de ses meilleures barriques. Dans les bourgs, sur les marchés, dans les échoppes, tous devaient porter le masque et ceux qui ne respectaient pas la loi étaient considérés comme des brigands. Les gardes royaux veillaient et les contrevenants étaient passibles d’une amende de cent-trente-cinq deniers d’argent. C’était une somme que tous ne pouvaient payer, et pour les plus malheureux, c’était alors le cachot.

L’été passa avec son cortège de malades qui croissait lentement. Le ministre de la Santé surveillait quotidiennement le nombre de paillasses disponibles dans les hospices royaux et annonçait chaque semaine au peuple que ça pourrait être pire si ça devenait plus grave. Mais la populace n’écoutait point et disait que tout ceci n’était que menteries pour effrayer le peuple laborieux.

Quand arrivèrent les premiers orages annonciateurs de l’automne, le nombre de malades croissait encore et la jeunesse festoyait toujours autant. Le Roy annonça qu’il instaurait un couvre-feu : chacun devrait avoir rejoint sa chaumière avant le coucher du soleil et n’en plus sortir avant l’aube…Il décida aussi que les tablées ne pourraient être de plus de six personnes, un vrai casse-tête pour les familles nombreuses ! Il avait inventé la jauge. Les aubergistes protestaient, disant que s’ils ne pouvaient plus tenir commerce ni le jour ni nuitamment, ni vendre plats et boissons, c’en était fini pour leurs tavernes !

A l’approche de l’hiver, le Roy parla de nouveau à ses sujets : « Oyez, oyez seigneurs et manants ! Je condescends à rouvrir les échoppes où le peuple pourra quérir toute marchandise qu’il souhaite, mais le nombre de clients devra être restreint ». La jauge royale planait toujours. « Le peuple pourra désormais circuler jusqu’à cinq lieues de son village, mais il faudra pour quelque temps encore être porteur d’un parchemin. Les tavernes et auberges resteront toutefois closes, car c’est en ces lieux que circulent les humeurs et les fièvres ». La royale décision limitait toujours le chiffre d’affaires du petit commerce, et le Roy annonça qu’il compenserait « quoi qu’il en coûtât » les pertes par de nombreuses bourses remplies de piécettes d’argent, généreusement distribuées aux commerçants. Dans les théâtres, les saltimbanques pourraient bientôt redonner spectacle et les troubadours leur musique pour distraire le bon peuple qui avait bien besoin de réjouissances.

Le Roy annonça aussi une grande nouvelle fort attendue : il avait consulté les meilleurs médecins et herboristes et, sur leurs conseils, les plus valeureux druides étaient allés quérir de secrètes plantes par-delà les montagnes et les océans. Ils avaient alors, par de curieux mélanges et de savantes décoctions, confectionné les élixirs les plus puissants qu’il faudrait distribuer au peuple pour vaincre ces humeurs qui les touchaient presque tous. La vie allait enfin reprendre lentement… Demain sera un autre jour !

C’était il y a mille ans …

 

Jacques DUFOUR

 

Publié sur parchemin recyclé, encre biologique, plumes d’oies non gavées.

Ne pas jeter sur le chemin public.

Un chasseur d’images amateur au milieu de l’automne 2020

Le mercredi 14 octobre 2020, le président de la République annonce la mise en place d’un couvre-feu, de quatre semaines, à Paris, en Ile-de-France et dans sept autres métropoles à partir du 17 octobre à 0 h 00, jusqu’au 1er décembre. La Vienne est alors classée en « zone alerte » depuis trois semaines. Deux jours plus tard, Denis Daumin, journaliste de la NR, écrira « Les jours du couvre-feu automnal ressemblent à ceux du triste printemps de réclusion ».

A partir de la mi-octobre, le chasseur d’images amateur est amené à s’écarter des abords du site de la Manu, abandonnant ainsi les quais de la Vienne entre l’usine EDF et le pont Henri IV. Les travaux sur le clapet est du déversoir reprennent épisodiquement avec des bruits éloignant la gent ailée. Au cours de la matinée du 20 octobre, le canal de décharge est ainsi déserté, les oiseaux s’étant regroupés à l’ouest du terre-plein central de l’usine. Deux jours plus tard, au cours de l’après-midi, le photographe assiste à l’intervention de la fédération départementale de la pêche qui, à l’aide d’un filet et d’épuisettes, transvase les poissons de la mare au pied du déversoir au-dessus des clapets. Le même jour, l’épais mur, érigé au début de septembre en aval du clapet oriental, est démonté.  Pour autant les travaux ne sont pas terminés : le clapet occidental doit subir le même traitement.

Pendant une quinzaine de jours pluvieux et froids, une certaine tristesse s’est installée, sur le plan d’eau, avec des teintes souvent sombres. Les oiseaux ont eux-mêmes adopté des livrées où le noir et le blanc se disputent la place : les grands cormorans, les corneilles, les poules d’eau et les pies, pour le noir, et les cygnes, les aigrettes et les mouettes, pour le blanc. Seuls les bergeronnettes des ruisseaux et les martins-pêcheurs y apportent de la couleur avec l’aide des colverts.  Le 18 octobre, ces derniers désertent le canal de décharge où, depuis un mois, respectant la jauge préfectorale, ils s’étaient rassemblés à une trentaine.  Par moments, un rayon de soleil suffira toutefois à éclairer des berges aux nuances automnales.

Absents seulement deux jours, des cygnes tuberculés sont revenus dès le 8 octobre. Une famille de cinq avec trois juvéniles assure la relève en amont du pont Henri IV. Outre un plumage brun-gris pour l’un d’eux, un bec gris foncé distingue les jeunes des adultes au bec orange surmonté d’un tubercule noir. Respectant les recommandations présidentielles, ils restent à six depuis la mi-octobre avec le renfort d’un autre adulte.  La jauge sera dépassée, le 27 octobre, par une douzaine de cygnes, en amont de l’usine EDF, attirés par des végétaux accrochés aux bouées délimitant la zone de navigation.

Assidus depuis la fin du mois d’août, deux hérons se mêlent volontiers aux cormorans dans les arbres ou les rochers du terre-plein central de l’usine EDF et sur un tronc flottant en amont du pont Henri IV. Le 21 octobre, face à un fort vent du sud, ils adopteront une position aérodynamique. Un couple d’aigrettes cohabite également avec les oiseaux noirs.

Les intempéries de l’automne ont le mérite de reverdir les espaces herbeux et de faire pousser les champignons. Le 15 octobre, sur l’île Cognet, le photographe découvre plusieurs champignons inconnus de lui, auprès d’arbres couchés ou non. L’application I-Naturalist lui fournit une première ébauche dans leur identification. Pour autant, il se garde bien de les cueillir, se contentant de les photographier. Quelques jours, plus tard, en forêt de Mareuil, sur la commune de Chauvigny, il procédera de même. Par la même occasion, River, la nouvelle chienne de sa fille Hélène, fera sa première sortie dans les bois.

De leur côté, les parcs de la ville ont retrouvé un peu de couleurs et abritent à nouveau quelques espèces d’oiseaux un temps oubliés. Le 16 octobre, au parc Aristide Briand, un déjeuner sur l’herbe regroupe pinsons des arbres, moineaux, merles et verdiers d’Europe, parfois dérangés par des étourneaux. Dans les arbres, s’activent également les mésanges à longue queue et les fauvettes à tête noire.  Le 20 octobre, de nombreux passereaux s’affairent autour d’arbustes de la rue Camille Lebeau. Sous la surveillance de plusieurs étourneaux perchés sur les antennes environnantes, fauvettes, mésanges bleues, rouges-queues et autres dégustent des baies. Le lendemain, ses pas pousseront le chercheur d’images jusqu’au pont de Loudun, lieu de franchissement de la Vienne par l’ancienne voie de chemin de fer. Cet ouvrage, l’ancienne usine du Bien-Nourri et l’île Sainte-Catherine sont alors photographiés.

La fréquentation régulière du centre-ville de Châteauneuf permet à l’amateur d’images la rencontre dominicale des paroissiens de l‘église Saint Jean l’Evangéliste. Depuis la réouverture au culte, le port du masque et les gestes barrières y sont respectés. Aussi, des cérémonies importantes comme la profession de foi et l’installation du nouveau curé, les 11 et 18 octobre, présentent-elles d’étranges assistances masquées.

Le mois d’octobre 2020 se terminera par un retour du confinement pour quatre semaines au moins. L’activité du chasseur d’images risque d’en pâtir en novembre. Le 28 octobre, en milieu d’après-midi, il procède à une nouvelle observation des oiseaux fréquentant le canal de décharge alors qu’à 15 h 00, le glas résonne dans toutes les églises de France en réponse à l’attentat perpétré à Nice, dans la matinée.

Denis Lemaître

Lettre d’information aux adhérents du 17 novembre 2020

Chère adhérente, cher adhérent,

Au milieu de cette troisième semaine de confinement automnal, l’horizon ne semble pas devoir se dégager avant quelques mois. Le 12 novembre 2020, le Premier ministre a annoncé une prolongation des règles actuelles de 15 jours avant de connaître une possible adaptation à compter du 1er décembre. Une levée du confinement avant les fêtes de fin d’année semble peu vraisemblable. Aussi je ne puis que vous réaffirmer la suspension des activités publiques de la Société des Sciences pour une durée indéterminée.

Toutefois, malgré cette trêve des confiseurs anticipée, vos administrateurs poursuivent leurs échanges afin de :

  • diffuser, avant la fin de l’année, la version numérique du bulletin n° 153 à l’ensemble des abonnés ; les initiateurs d’une telle version sont ici remerciés,
  • fixer les modalités de la distribution de la version « papier » dès la fin du confinement ; l’impossibilité actuelle de se réunir en empêche notamment la mise sous pli,
  • veiller à la rentrée des dernières cotisations de 2020 ; les retardataires peuvent encore apporter leur contribution,
  • réfléchir sur la programmation du cycle des conférences pour le premier semestre 2021 ; le recours à des conférenciers de la région sera privilégié,
  • lancer les préparatifs d’une assemblée générale, peu ordinaire, prévue le samedi 30 janvier 2021 ; sa tenue est subordonnée à la possibilité préalable de réunir un ou deux conseils d’administration,
  • préparer les sommaires des trois bulletins de 2021 voire avec un ou deux bulletins spéciaux ; le bulletin n° 154 est déjà bien avancé,
  • faire vivre le site de la Société grâce à la poursuite de recueil de témoignages sur le confinement.

Bien que tout cela soit possible grâce au « télétravail », vos administrateurs regrettent de ne pouvoir se retrouver régulièrement pour gérer l’association, d’une part, et animer des groupes de recherches, d’autre part, notamment sur les maisons communes et le centenaire d’événements. Par ailleurs, ils déplorent surtout de ne pas pouvoir vous retrouver lors des soirées des deuxième et quatrième mercredis de chaque mois à la Salle de la Gornière.  

Dans l’espoir de pouvoir le faire rapidement au début de l’année 2021, vos administrateurs et moi-même vous demandons de bien prendre soin de vous et de vos proches.

Votre président.

Denis Lemaître

Lettre d’information aux adhérents du 1er novembre 2020

Chère adhérente, cher adhérent,

La mise en œuvre du nouveau confinement, dans la nuit du jeudi 29 au vendredi 30 octobre 2020, donne un coup d’arrêt à la reprise des activités de la Société des Sciences de Châtellerault en présence du public.

Après un long moment de discrétion forcée, votre société avait reprogrammé des conférences pour les quatre derniers mois de l’année 2020. Elles ont effectivement pu reprendre le 23 septembre à la salle de la Gornière. Une intervention télévisée du Président de la République a accompagné les deux suivantes les 14 et 28 octobre. Pour la dernière, l’importance de la communication présidentielle a eu pour conséquence une assistance réduite. Pour ce qui concerne cette assistance, vos administrateurs et moi-même souhaitons remercier les spectateurs de ces trois réunions qui se sont prêtés de bonne grâce au strict respect des consignes sanitaires. 

La décision, annoncée le 28, a conforté et précipité une mesure en cours de réflexion au sein du conseil d’administration depuis près de quinze jours. Aussi ai-je l’honneur de vous confirmer la suspension, pour une durée indéterminée, de toutes les activités publiques de la Société des Sciences. En l’état actuel, il est bien sûr impossible de vous indiquer une éventuelle date de reprise. Elle n’aura certainement pas lieu avant le début de l’année 2021.

 Dans l’attente de celle-ci, un premier bilan peut être esquissé pour 2020. Sur une programmation de 17 réunions, le cycle annuel a été réduit à huit conférences avec une interruption de la mi-mars au 23 septembre. Quant aux publications, deux bulletins ordinaires, les n° 151 et 152, ont été distribués. Un troisième est en cours de finition. Le quatrième tome de « La Petite et Grande Histoire de Châtellerault racontée par ses rues » est sorti au cours de l’été avec, pour titre, « La plaine d’Ozon ». La diffusion plus ou moins régulière d’une lettre d’information et d’articles, notamment du chasseur d’images amateur, a comblé quelques vides. Ayant pu seulement se réunir six fois au cours de l’année, vos administrateurs ont fait tout leur possible pour ne pas rompre le contact avec les adhérents. Au cours des 10 derniers mois passés, plus de 800 courriels seront ainsi échangés.

A la veille d’une nouvelle année, espérée meilleure, votre soutien est indispensable à la survie financière de votre association. Ce soutien passe par le règlement des cotisations. Certaines manquent pour l’année 2020. Pour 2021, les modalités de versement seront prochainement fixées.

En conclusion, vos administrateurs et moi-même vous invitent à toujours bien prendre soin de vous et de vos proches afin d’être en mesure de profiter des fêtes de fin d’année.

 Votre président, Denis Lemaître

Un chasseur d’images amateur au changement de saison automnal

« Après un printemps confiné et un été libéré », un automne en demi-teinte s’installe à partir du 22 septembre 2020 avec, quelques jours auparavant, des signes annonciateurs relevés par le chasseur d’images amateur.

Au milieu d’un mois de septembre ensoleillé, à la période la plus chaude de la journée, les colverts se mettent à l’abri sous l’arche occidentale du pont Henri IV. Au centre du plan d’eau, un héron profite du soleil.

Le 16 septembre, la présence d’un cinquième cygne est notée en aval du barrage EDF. Ils seront six le 28 septembre, formant ainsi trois couples qui exploreront un large espace entre l’usine EDF et le pont Henri IV avec toutefois une préférence pour la proximité de cet ouvrage. Du 25 au 27 septembre, cette même zone est survolée par quelques centaines d’hirondelles au croupion blanc. La fixation de leurs évolutions au-dessus de l’eau est impossible pour le photographe amateur. Il en sera de même, le 4 octobre, lors du passage d’une autre colonie de cette espèce. Leur comportement paraît étrange à l’observateur. Cette impression sera confirmée par un article de la NR, daté du 29 septembre, indiquant que la fraicheur soudaine a perturbé les jeunes hirondelles.

A la veille du changement de saison, la fin de semaine est marquée par des ondées orageuses à l’origine d’une petite hausse du niveau de l’eau dans le canal de décharge de l’usine EDF. Cette hausse est sensible au pied du déversoir où la mare s’agrandit avant d’accueillir à nouveau, au début de l’automne, plusieurs oiseaux : un héron, les martins-pêcheurs, une aigrette, une mouette, des bergeronnettes, des corneilles et des poules d’eau ainsi que le chevalier guignette.

Le 17 septembre, la femelle martin-pêcheur est repérée au pied du clapet ouest du déversoir. Elle est reconnaissable par la base rouge de son bec noir. Un cri aigu, suivi d’un éclair bleu au-dessus de l’eau, trahit souvent la présence de cet oiseau. En dehors de ses déplacements, il reste plutôt discret au bord de l’eau. Son repérage lointain, à la suite d’une observation minutieuse des berges, permet parfois des belles photographies grâce une approche silencieuse.

Le même jour, la mésange charbonnière est de retour. Friande des fruits de l’érable, elle s’active sur le quai du 11 novembre. Une bande centrale noire plus étroite sur le dessous jaune vif caractérise la femelle. Elle se manifestera à nouveau dans la résidence du photographe au début du mois d’octobre.

Le 18 septembre 2020, en fin de matinée, alerté sur la présence d’une cigogne blanche sur une cheminée du square Alexis Danan, le chasseur d’images se précipite pour voir l’oiseau s’envoler et rejoindre, dans le ciel, plusieurs congénères. Après quelques cercles au-dessus de Châteauneuf, le groupe prend la direction du sud marquant ainsi la fin de l’été.

Le 27 septembre, un couple de colverts regagne le canal de décharge du barrage EDF se contentant d’une mare en amont du pont Camille de Hogues. Le 1er octobre, après une nette remontée des eaux consécutive à une période pluvieuse, une trentaine de canards occuperont l’endroit. Le prolongement des intempéries aboutira, le 4 octobre, à un gonflement conséquent du cours d’eau principal avec la disparition progressive des perchoirs pour les hérons et autres volatiles. Le courant plus puissant entraînera le départ momentané des cygnes.

En plus des travaux poursuivis de façon irrégulière sur le clapet oriental du déversoir, le début du mois d’octobre est marqué par un nettoyage important du canal avec la taille des arbustes ayant poussé dans le lit. Le terre-plein central et le versant ouest sont également nettoyés. Le chasseur d’images perd alors les affûts végétaux bordant le quai du 11 novembre.

Le long de ce quai, à proximité du pont Camille de Hogues, le photographe croise régulièrement des jeunes gens masqués paraissant anxieux avant de prendre le volant d’une auto-école pour l’examen du permis de conduire. Le port du masque est obligatoire pour tous les occupants du véhicule.

Ce port est également imposé par des panneaux, lors de la brocante, tenue sur le parking Blossac, le premier dimanche de chaque mois.

Denis Lemaître

Lettre d’information aux adhérents du 1er octobre 2020

Chère adhérente, cher adhérent,

Pour le département de la Vienne, classé en « zone Alerte », un récent arrêté préfectoral interdit, du 28 septembre au 12 octobre 2020, les rassemblements festifs ou familiaux de plus de 30 personnes dans les établissements recevant du public (ERP).

La salle de la Gornière, établissement de ce type, accueille depuis quelques années les conférences de la Société des Sciences. Une menace pèse-t-elle sur la poursuite du cycle annuel de nos réunions qui a repris le 23 septembre avec une assistance de 56 personnes ?

Pour l’instant, les activités associatives ou professionnelles, sans caractère festif, dans les ERP, demeurent autorisées, sous la réserve de la mise en œuvre d’un protocole strict permettant le respect des mesures « barrières ».

Aussi, outre les mesures sanitaires prises la ville pour l’accès aux salles municipales, les administrateurs en charge de l’organisation des conférences ont-ils pris des précautions supplémentaires :

  • la mise à disposition de solution hydroalcoolique à l’entrée de la salle et à la sortie,
  • le contrôle de l’obligation d’un port correct du masque à l’entrée et durant la totalité du séjour dans la salle,
  • le recueil des coordonnées téléphoniques des spectateurs à l’entrée,
  • le respect des mesures de distanciation physique avec des sièges espacés d’un mètre et un flux de circulation séparant l’entrée et la sortie,
  • la désinfection du mobilier (sièges et tables) et matériels utilisés avant et après la conférence,
  • la disparition des points de contact pour les mains notamment par le maintien des portes ouvertes,
  • l’absence de vestiaires, chacune et chacun étant invité à garder ses affaires personnelles.

Un tel dispositif exclut bien sûr l’organisation d’un moment de convivialité à l’issue de l’activité. Nous aurons, je le souhaite, l’occasion de nous rattraper.  

Par ailleurs, notre prochaine conférence est programmée le mercredi 14 octobre 2020, deux jours après la fin de la période indiquée par l’arrêté. Pour autant, il faut nous préparer à une possible prolongation avec le souci permanent de protéger nos voisins lors de nos rencontres. En la matière, il me paraît utile de rappeler que l’objectif du port du masque n’est pas de se protéger personnellement mais de protéger les autres. Le courage réside dans le respect de cette obligation face à des personnes ne pouvant ou ne voulant pas le faire. 

En tout état de cause, vous avez certainement compris que la reprise effective de nos activités culturelles est subordonnée aux respects de l’ensemble de ces mesures dont la mise en œuvre demande une mobilisation particulière de vos administrateurs. J’en profite ici pour les en remercier. 

Pour conclure, notre cycle de conférences n’entre pas dans le champ des dispositions relatives aux rassemblements festifs. Des assurances m’ont été données, ce jour-même, par la préfecture de la Vienne. Celles et ceux d’entre vous ayant assisté à notre réunion de rentrée, ont pu apprécier les mesures alors appliquées. En conséquence, la programmation de la conférence « Correspondance conjugale des Voyer d’Argenson » par Sophie Delhaume est maintenue au 14 octobre.  

Avec le plaisir de vous revoir à cette occasion, je vous invite toujours à prendre bien soin de vous et de vos proches. 

Votre président.

Denis Lemaître

Lettre d’information aux adhérents du 6 septembre 2020

Chère adhérente, cher adhérent,

En ce moment de rentrée scolaire ou autre, je reviens vers vous pour un nouveau point de situation après deux mois de silence.

Tout d’abord, j’espère que vous avez passé un bel été, malgré un contexte très particulier. Pour celles et ceux qui seraient encore en vacances, je leur souhaite une bonne continuation.

1°) De leur côté, vos administrateurs préparent activement la reprise des activités de la Société des Sciences avec, dès le 8 septembre, la tenue d’un conseil d’administration. Ils se réuniront sous ce format pour seulement la troisième fois de l’année, le dernier conseil ayant eu lieu le 4 février 2020. Depuis, seuls les membres du bureau ont pu se voir les 3 mars et 7 juillet. 

Cette réunion du conseil sera, pour eux, l’occasion de mettre en musique les manifestations de l’automne :

  • la participation aux Journées Européennes du Patrimoine l’après-midi des samedi 19 et dimanche 20 septembre, de 14 à 18 H 30,
  • l’animation de l’exposition de la jeep lunaire au Grand Atelier à compter de la même période après son transfert du bâtiment 208 au musée le 14 septembre,
  • l’aménagement du programme des conférences pour le second semestre 2020 avec une rentrée le 23 septembre, salle de la Gornière. En la matière, une consultation régulière du site de la Société est conseillée.

2°) Un comité de rédaction précédera ce conseil. A l’instar du printemps, l’équipe « publications » est restée active au début de l’été. A la suite d’un entretien avec un journaliste le 9 juillet, le quatrième tome de la Petite et Grande Histoire de Châtellerault racontée par ses rues, titré la Plaine d’Ozon, a fait l’objet d’un article dans la presse locale le 13. Dès lors, il a été mis en vente à la boutique de l’Office de Tourisme, à la librairie de la place Dupleix et au Hall de la Presse à Ozon. Il sera bien sûr proposé lors de nos prochaines conférences.

Comme prévu, le tirage du bulletin n° 152 a été réalisé. La version numérique sera diffusée au milieu du mois de septembre. Les modalités de distribution de la version « papier » restent à l’étude. Un dépôt tardif dans les boîtes à lettres est toujours à craindre. La priorité sera donnée à une mise à disposition lors des conférences de septembre et d’octobre.

Le contenu du bulletin n° 153 et les suivants sera alors évoqué. Outre les maisons communes du Grand Châtellerault, la commémoration du centenaire d’évènements intéressant l’agglomération voire le département pourrait constituer un nouveau fil rouge.

Toujours dans l’optique d’un bulletin spécial, des témoignages relatifs au confinement sont recherchés. Les quelques articles récemment diffusés peuvent en être la base.  

 

Dans l’espoir de vous revoir en pleine forme, je vous souhaite, en mon nom personnel et au nom des administrateurs de votre société, une excellente rentrée. Surtout prenez bien soin de vous et votre entourage.

Très cordialement.

Votre président, Denis Lemaître.

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