Un chasseur d’images amateur au début d’un printemps 2021 confiné

Au plan sanitaire, ce début du printemps ensoleillé, marqué par la visite à domicile d’un morio le 24 mars, n’apporte pas, dans un premier temps, de changement. L’arrêté préfectoral portant obligation du port du masque est prolongé jusqu’au mardi 1er juin inclus. Quinze jours plus tard, il en sera tout autrement avec l’extension, à tout le territoire national, des mesures déjà prises pour seize départements. Ces dispositions renforcées prennent l’aspect d’un troisième confinement.

Dès lors, dans la limite de 10 kilomètres autour de son domicile, le photographe amateur reste attaché à la fréquentation des espaces non urbanisés où la distanciation physique peut être respectée de manière continue. Le lac et la forêt domaniale de Châtellerault deviennent ainsi ses lieux de chasse privilégiés. Il s’autorise toutefois quelques escapades le long de la Vienne, à la Manu et même à Ingrandes.

Inspiré par le changement d’heure du 28 mars, il expérimente, le 30, une sortie matinale aux abords du lac de la Forêt. Ce choix est heureux. La forêt et la prairie s’animent alors des premiers ébats des volatiles. Pies, corneilles, étourneaux, merles noirs et rouges-gorges inspectent le sol à la recherche de nourriture. Dans les arbres, geais, fauvettes, mésanges, pics et sittelles ont la même occupation avec des menus différents : gland pour le geai, baies de laurier pour la fauvette, fleurs de prunier pour la mésange, insectes dans le bois pour le pic et la sittelle.

Une promenade en forêt, également matinale, le lendemain lui offre la possibilité de retrouver un pic épeiche et un accenteur mouchet.

Le 7 avril, en début d’après-midi, faute de pouvoir présenter un justificatif de domicile, une attestation de déplacement dérogatoire est générée sur le téléphone portable pour une promenade le long de la Vienne. Après le franchissement de cette rivière par le pont du Maréchal Lyautey et le passage sous la voie de chemin de fer, est atteint, au bout d’une heure et demie de marche, l’étang de Nonnes Nord. Les abords de ce plan d’eau sont propices à l’identification de quelques plantes (cardamine des prés, lamier blanc et lierre terrestre).

Le 8 avril, une longue promenade en forêt de Châtellerault occupe une bonne partie de l’après-midi. Une fois Françoise laissée sur le parking du Bœuf Mort, au nord du lac, le trajet parcouru emprunte des layons bordant l’autoroute A10 en direction du sud.

L’itinéraire choisi, également fréquenté par quelques sportifs, autorise une observation fructueuse de la flore (faux houx et potentilles) et de la faune, notamment les oiseaux. Outre les passereaux habituels, un coucou gris est ainsi repéré et photographié au niveau de l’aire de repos autoroutière.

Le 14 avril, une sortie ornithologique, en compagnie de Jean Langoumois, agrémente tout l’après-midi. Les parcelles forestières 2, 3 et 9 sont ainsi arpentées à la recherche de quelques oiseaux : geais, pics, mésanges, pinsons et autres. S’y ajoutent quelques papillons (thècle de la ronce, panthère, aurore, grande tortue) surpris dans les allées. Une station prolongée au bord de la mare du Bœuf Mort, lieu de baignade des passereaux, met fin à cette promenade. Une semaine plus tard, un bruant zizi, une grive musicienne et des verdiers seront observés à ce point d’eau.

Le 16 avril, à partir de 16 h 30, une activité physique de plein air, avec pour objectif le site de la Manu, termine la journée.

Rentrant à son domicile par le quai du 11 novembre, le long du canal de décharge de l’Edf, le promeneur y remarque le retour d’un héron cendré, absent depuis 3 mois, d’une nette rousse, disparue à la mi-février, et d’un chevalier guignette, parti à la fin de l’été dernier.  Le 25 avril, une femelle colvert y accompagnera les premiers pas de ses petits sur le terre-plein central bordant ce canal.

Le 20 avril, une nouvelle observation des oiseaux au Lac est programmée en matinée. Le déplacement en voiture est un peu laborieux. La distribution en drive des sacs jaunes sur la place Henri Roy est à l’origine d’un bouchon dans la rue Clément Krebs. Durant deux heures, la rive occidentale du Lac de la Forêt est parcourue. Le calme des lieux autorise la découverte de quelques chevaliers guignettes et un coucou gris à l’extrémité sud du plan d’eau.

Au nord, près de la mare, un serin cini est remarqué en compagnie de lapins de garenne.  Deux jours plus tard, un écureuil roux anime la traversée de la parcelle forestière 23.

Le 25 avril, un court déplacement en voiture, dans un rayon de 10 kilomètres, permet la découverte du parc des loisirs du Gros Caillou à Ingrandes.

Seule l’observation quelques papillons (flambé et cuivré) égaie cette sortie autour d’un lac aux rives déboisées et aux abords fauchés.

A la fin du mois d’avril, le lac et la forêt connaissent de gros changements : les arbres retrouvent leurs feuilles, évolution rendant plus difficile l’observation des oiseaux, les fleurs tapissent les sous-bois (euphorbes, genets et jacinthes) et les points d’eau, comme la mare au nord du lac, se tarissent. Le 28 avril, quelques brins de muguet sont cueillis au Marchais de la Caraque, au nord-ouest de la route D 21.

Un retour progressif à une vie normale à compter du 3 mai 2021 s’accompagnera d’une levée de la limite de déplacement. Une nouvelle aventure débutera pour le photographe qui comptabilise aujourd’hui 464 observations sur l’application iNaturalist.

Denis Lemaître

Mission Mars – Sol 61 – Ingenuity – article de Jacques Dufour

Ce matin, 19 avril 2021,  vers 9 h 30 heure française, l’hélicoptère INGENUITY de la mission de la NASA a effectué son premier vol sur Mars. C’est le premier engin construit par l’homme à voler sur une autre planète que la Terre.

Ces derniers jours, une vérification du logiciel informatique de l’engin avait nécessité de reporter ce premier vol.

Une expérience difficile, puisque la densité de l’atmosphère martienne représente moins de 1% de celle de la Terre.

La NASA et le Jet Propulsion Laboratory ont donné une courte conférence de presse à 12 h 30 pour relater l’exploit.

Le petit engin de 1,8 kg a mis en rotation ses 4 pales et s’est élevé de 5 mètres au-dessus de la planète rouge. Après un vol d’une cinquantaine de secondes, il s’est posé au même endroit. Il va désormais devoir recharger ses batteries à l’aide des panneaux solaires qu’il possède au-dessus de ses rotors.

Dans les prochains jours, il effectuera 4 autres vols plus complexes et d’une durée plus longue en se déplaçant par rapport au sol.

Vous trouverez en pièces jointes 2 images du vol de ce jour.

2021-004-019 – Ingenuity on flight

2021-004-019 – Ingenuity on ground

Bonne journée sur Terre.

Jacques DUFOUR

Article de la Nouvelle-République paru le 20 avril 2021, le lendemain de l’essai.

Lettre d’information aux adhérents du 13 avril 2021

Chère adhérente, cher adhérent,

En ce début des vacances de printemps, les conséquences de la situation sanitaire générale restent figées pour ce qui concerne les activités culturelles.

Le décret n° 2021-255 du 9 mars 2021 proroge jusqu’au 31 juillet 2021 les mesures déjà reconduites, au début décembre 2020, jusqu’au 1er avril 2021. Elles portent sur l’adaptation des règles de réunion et de délibération des assemblées et organes dirigeants des personnes morales (dont les associations culturelles).

Cette nouvelle prorogation, pouvant ne pas être la dernière, justifie pleinement le choix de vos administrateurs, opéré au milieu du mois de février 2021, de tenir l’assemblée générale le 24 avril, à 10 h 00, sous une forme inédite. Annoncée le 8 mars, la tenue à distance de cette assemblée a nécessité la mise en place d’un dispositif qui, du fait de sa relative complexité, a donné lieu à l‘envoi, par courriel ou courrier, de documents explicatifs à partir du 26 mars.

La réussite de l’opération suppose une participation massive des adhérents appelés à renvoyer, avant le 17 avril, un pouvoir au bureau ou un bulletin de vote dûment renseignés. Un rappel dans ce sens a été fait le 6 avril. Au cours de la semaine passée, j’ai tenu à remercier personnellement les sociétaires s’étant manifesté.

Outre ce vote par correspondance, il vous sera donné la possibilité d’assister à cette assemblée, prévue en deux parties à 10 h 00 et 11 h 00, à l’aide de l’application Zoom. A la condition d’une inscription préalable à l’adresse e-mail de la Société, sdsdc86@bbox.fr, des liens seront communiqués aux adhérents intéressés.   

Par ailleurs, les responsables de votre association et moi-même remercions la majorité d’entre vous qui ont bien voulu, au cours du premier trimestre, renouveler leur cotisation au titre de l’année 2021. Les retardataires, souvent involontaires, sont invités à faire de même sans attendre une possible relance des administrateurs. Déjà embarrassante, cette démarche accapare des dirigeants sollicités pour d’autres tâches également indispensables à la bonne marche de la Société.

En la matière, après la diffusion du bulletin n° 154 à la fin de mars et au début avril, l’équipe « publications » concocte le numéro 155. De son côté, la section « astronomie », en la personne de Jacques Dufour, son président, relate régulièrement l’odyssée de Persévérance sur Mars. Outre une diffusion par courriel, une insertion de ses articles est faite sur le site de la Société. Philippe Bellin, à tête de la section « nature », met sur pied des sorties botaniques pour les prochaines semaines. Les responsables des deux autres sections se préparent à une reprise des conférences à l’automne tout en proposant des articles destinés au bulletin. 

En espérant vous retrouver en bonne santé, par écran interposé, le 24 avril, les membres du conseil d’administration et moi-même vous recommandons de bien prendre soin de vous et de vos proches.  

A très bientôt.

Votre président, Denis Lemaître.

Mission Mars – Sol 46 – Ingenuity sur le sol martien – article de Jacques Dufour

Ingenuity sur le sol martien !

Le rover Perseverance a largué son petit compagnon Ingenuity. Les pieds de l’hélicoptère sont entrés en contact avec la surface martienne et le rover s’est rapidement éloigné.

« L’hélicoptère est sur la zone de vol ! » : la Nasa a confirmé aujourd’hui 4 avril 2021 qu’Ingenuity avait bien été posé sur Mars. À l’issue d’un déploiement qui a pris plusieurs jours, le rover a enfin pu se séparer d’Ingenuity. L’hélicoptère a fait une petite chute de 10 centimètres, depuis le ventre du rover auquel il était attaché par le haut. Les images brutes diffusées par l’agence spatiale montrent que Perseverance s’est ensuite mis à rouler, afin de laisser l’hélicoptère profiter des rayons du Soleil. Ingenuity doit désormais compter sur son panneau solaire, installé au-dessus de ses pales, pour obtenir de l’énergie.

Comme l’a mentionné le Jet Propulsion Laboratory, la prochaine étape pour Ingenuity, après ce contact réussi avec la surface martienne, est de survivre à la première nuit seul sur la planète, sans l’aide du rover. Ingenuity doit supporter des températures allant jusqu’à -90°C. Tant qu’il était lié à Perseverance, Ingenuity pouvait compter sur lui pour garder une batterie chargée à 100 %. Désormais, il doit s’alimenter seul en énergie, ce qui est nécessaire pour faire fonctionner son système de chauffage. L’agence spatiale doit vérifier si son hélicoptère survit à cette première nuit, si son panneau solaire fonctionne correctement et si les performances de la batterie sont bonnes. Si tel est le cas, il sera possible de passer aux étapes suivantes : déverrouiller les pales d’Ingenuity et tester tous ses capteurs et moteurs.

La première tentative de vol doit avoir lieu au plus tôt le 11 avril prochain. Si cet essai n’est pas repoussé, les premières données devraient ensuite arriver sur Terre le lendemain, le 12 avril. Il se contentera de s’élever, puis de redescendre, ce qui représente déjà un grand défi dans l’atmosphère martienne. Le vol doit durer une vingtaine de secondes, avec une altitude maximale de 3 mètres. Le rover, lui, doit observer la scène à 100 mètres de distance : de cette façon, les communications entre Perseverance et Ingenuity sont possibles, mais le rover reste en sécurité si l’hélicoptère échoue à sa mission. Si la première tentative de vol se passe bien et qu’Ingenuity est toujours fonctionnel, un autre vol sera réalisé. Au total, la Nasa prévoit jusqu’à 5 vols maximum, à chaque fois envisagés en fonction des résultats des essais précédents. Les paramètres des vols pourront changer, avec des déplacements horizontaux, des altitudes plus élevées (jusqu’à 5 mètres) et des durées plus longues (environ 90 secondes). L’hélicoptère est équipé de deux caméras qui doivent servir à immortaliser ses vols.

Pièce du premier avion des frères Wright à bord

La NASA a également annoncé que l’hélicoptère expérimental contenait un petit échantillon de tissu de l’avion Wright Flyer de 1903 des frères Wright.

Le parc historique de Carillon à Dayton, Ohio, la ville natale des Wright, a fait don du morceau de mousseline de la taille d’un timbre-poste de l’aile inférieure gauche de l’avion à la demande de la NASA. L’échantillon a fait le voyage de 480 millions de kilomètres vers Mars avec la bénédiction de l’arrière-petite-nièce et arrière-petit-neveu des frères Wright, a déclaré le conservateur du parc Steve Lucht.

« Wilbur et Orville Wright seraient heureux de savoir qu’un petit morceau de leur Wright Flyer I de 1903, la machine qui a lancé l’ère spatiale avec un vol d’à peine 400 m, va à nouveau entrer dans l’histoire sur Mars », ont déclaré Amanda Wright Lane et Stephen Wright, dans un communiqué fourni par le parc. Orville Wright était à bord pour le vol motorisé et contrôlé le 17 décembre 1903 à Kitty Hawk, en Caroline du Nord. Les frères se sont relayés, effectuant quatre vols ce jour-là.

Un fragment de bois et de tissu du Wright Flyer a volé vers la Lune avec Neil Armstrong d‘Apollo 11 en 1969. Un échantillon a également accompagné John Glenn en orbite à bord de la navette spatiale Discovery en 1998. Les deux astronautes venaient de l’Ohio. Le matériau est collé à un câble sous le panneau solaire de l’hélicoptère.

(En faisant preuve d’un peu de chauvinisme, il faut toutefois préciser que Clément Aderingénieur français, pionnier de l’aviation, serait le premier à avoir fait décoller un engin motorisé plus lourd que l’air 13 ans plus tôt en 1890, même s’il n’existe pas de preuve formelle qu’il ait effectivement quitté le sol, ni qu’il ait pu manœuvrer l’appareil).

 

Bonne soirée sur Terre,

Jacques Dufour

Mission Mars – Sol 44 – article de Jacques Dufour

Dans quelques jours, la NASA enverra un message au petit hélicoptère Ingenuity pour qu’il effectue son premier vol autonome sur la planète Mars.

Durant ces derniers jours, le capot qui le protégeait a été éjecté et Ingenuity qui était replié sous le ventre du robot Perseverance s’est déployé (voir vidéo jointe réalisée lors d’un essai sur Terre).

Pour ce premier vol, il s’élèvera à 3 mètres du sol, restera stationnaire 30 secondes, et reviendra se poser. Quatre autres vols de quelques centaines de mètres sont prévus avec une durée pouvant aller jusqu’à 90 secondes. Une fois la phase d’expérimentation achevée, l’hélicoptère sera abandonné sur place et le rover Perseverance entamera sa mission scientifique.

Ci-contre, une vue de la zone choisie par la NASA pour effectuer les vols. Une aire sans dune ni gros rochers qui pourraient déséquilibrer l’hélicoptère lors de son atterrissage.

Sans attendre la fin des tests d’Ingenuity sur la planète Mars, la NASA a commencé à étudier une deuxième génération d’hélicoptère capable cette fois de remplir une mission scientifique sur la planète Mars, avec une portée entre deux recharges de ses batteries de 2 kilomètres et un temps de vol maximal de 4 minutes. La principale contrainte est le volume nécessaire pour stocker les ailes des rotors. Selon l’étude de la NASA publiée début 2020, le véhicule de descente des missions martiennes existantes de type Pathfinder (2,5 mètre de diamètre intérieur) pourrait transporter un hélicoptère d’une vingtaine de kilogrammes de type hexacoptère (6 rotors) en transportant une charge utile (instrument scientifique, caméra) de 2 à 3 kilogrammes. Le volume disponible dans l’étage de descente permettrait de transporter des équipements supplémentaires, comme un système de télécommunications et des instruments scientifiques.

Vous trouverez en fichier attaché d’autres informations sur cette mission.2021-004-003 – Ingenuity

Bonne journée sur Terre,

Jacques DUFOUR

Un chasseur d’images amateur à la fin de l’hiver 2020-2021

A la mi-février, pour le département de la Vienne, l’obligation du port du masque est prolongée jusqu’au 31 mars 2021, à l’exception des espaces non urbanisés. Au cours des dernières semaines de l’hiver, le chasseur d’images amateur va rechercher ces rares zones dans la ville de Châtellerault et les abords immédiats s’offrant ainsi la possibilité d’ôter le masque chirurgical bleu. Respectant le couvre-feu avancé à 18 h 00 depuis le 16 janvier, il n’a aucunement besoin de générer une attestation de déplacement dérogatoire. Par ailleurs, lors de cette période ensoleillée, son souci constant sera de s’éloigner de ses congénères pour observer en toute quiétude les oiseaux et autres manifestations de la nature.

Ce souci aura pour conséquence un abandon progressif du site de la Manu et des rives de la Vienne en aval du pont Henri IV où les Châtelleraudais sont de plus en plus nombreux. Après une fréquentation régulière du lac et de la forêt domaniale, il va mettre le cap plus au sud en rejoignant le centre de loisirs de Beaumont-Saint-Cyr et Chauvigny.

Auparavant, le 17 février, il retourne toutefois sur le site de la Manu où les voies de circulation longeant le canal font l’objet d’un nettoyage à la suite de l’inondation du 3. Très tôt, au début de l’après-midi, la femelle martin-pêcheur se montre dans un arbuste en bordure de la confluence de l’Envigne et de la Vienne. Il n’aura pas l’occasion de la revoir avant l’arrivée du printemps. Selon un spécialiste de la LPO, la turbidité de l’eau, gênant son activité de pêche, explique son absence prolongée. Le jardin du directeur accueille les premiers papillons : un citron et un paon de jour. L’arrivée d’un groupe de jeunes « se posant » sur l’aire de pique-nique à l’extrémité sud, met fin à son observation. Ils s’accordent un moment de repos après un passage au skate-park alors très fréquenté.

Jusqu’à la fin de février, le lac et la forêt lui fournissent un moment de répit, très vite écourté. A l’ouest de la pièce d’eau, la rive, la prairie et l’orée du bois sont particulièrement animées : s’y retrouvent geai des chênes, pinson, mésange, rouge-gorge. Le long d’un chemin forestier, à l’arrière des concessions automobiles, un écureuil roux s’amuse dans les hautes branches avec pour voisine, une sittelle torchepot. Dès le 23 février, des papillons se manifestent : grande tortue et vulcain notamment. Outre les promeneurs de chiens, randonneurs, vététistes, pilotes de quad et autres engins motorisés troublent ses sorties. En plus, quelques écoles voisines y ont délocalisé leurs activités sportives.

Au début du mois de mars, il prospecte avec bénéfice les bosquets du quartier est des Renardières en aval du pont Maréchal Lyautey. Sittelle torchepot, grimpereau et pic épeiche y côtoient pinson, mésange, pouillot et rouge-gorge dans des arbres survolés par des corbeaux croassant sans interruption. Le dimanche 14 mars, des pêcheurs et leurs voitures stationnées au bord de la rivière l’obligeront à faire demi-tour. Il en sera de même le mercredi suivant avec le passage d’une tondeuse tractée le long de la rue Charles Plessard.

Le premier samedi de ce même mois, la recherche de nouveaux volatiles le conduit, en famille, au centre de loisirs de Beaumont-Saint-Cyr. Il n’est pas le seul à avoir eu cette idée. Plusieurs familles s’y retrouvent notamment pour déjeuner en plein air. Des enfants un peu bruyants troublent sa visite de la réserve ornithologique, zone interdite à la promenade de River et donc de sa maîtresse. Malgré tout, vanneaux et grèbes, tous huppés, y sont observés. Un prunier en fleurs y accueille quelques insectes dont un vulcain. 

Le 19 mars, une très courte excursion au nord de Châtellerault, en compagnie de Jean Langoumois, marquera la fin de l’hiver avec la manifestation de quelques hérons garde-bœufs à Antran.

Après l’apparition de quelques fleurs, le changement de saison sera marqué par de nouvelles mesures de freinage concernant seize départements pour un mois. Maintenu sur l’ensemble de la France, le couvre-feu sera décalé à 19 heures à partir du 20 mars.

 

Denis Lemaître

Mission Mars – Sol 24 – article de Jacques Dufour

Le rover Perseverance effectue toujours de petits déplacements à la surface de Mars. Les ingénieurs du JPL hésitent toujours entre 2 itinéraires pour lui faire rejoindre les dépôts d’alluvions du delta. Ils ont diffusé une belle image de synthèse du cratère Jezero (où s’est posé Perseverance le 18 février) tel qu’il était, il y a 3,5 milliards d’années.  A cette époque, l’eau coulait encore sur la planète rouge et la rivière que l’on nomme aujourd’hui Néretva s’écoulait dans ce cratère (en haut à gauche de l’image). C’est cet endroit aujourd’hui asséché que le rover va explorer, en réalisant des prélèvements et mesures à la recherche d’hypothétiques traces de vie passée. Le lac de 39 km de diamètre qui s’était formé dans ce cratère se déversait à son tour dans la vallée visible en bas à droite de l’image.

La NASA envisage la date du 8 avril au plus tôt pour effectuer la première tentative de vol motorisé de l’hélicoptère Ingenuity. Cependant, avant que le frêle hélicoptère de 1,8 kilogramme ne puisse tenter son premier vol, lui-même et son équipe doivent franchir une série d’étapes de vérifications.

Ingenuity reste pour l’instant attaché sous le ventre du rover Perseverance. Le 21 mars, le rover a retiré le bouclier en graphite composite qui protégeait Ingenuity lors de l’atterrissage. Le rover est actuellement en transit vers « l’aérodrome » où Ingenuity tentera de voler. Une fois déposé au sol, Ingenuity disposera de 30 jours martiens, ou sols, pour mener sa campagne de vols d’essai.

Voler de manière contrôlée sur Mars est bien plus difficile que voler sur Terre. La planète rouge a une gravité significative (environ 40% de celle de la Terre), mais la densité de son atmosphère ne représente que 1% de celle de la Terre au niveau du sol. Pendant la journée, la surface de la planète Mars ne reçoit environ que la moitié de la quantité d’énergie solaire qui atteint la Terre pendant une journée, et les températures nocturnes peuvent chuter à moins 90 degrés Celsius, ce qui peut geler et fissurer des composants électroniques non protégés.

La NASA a souhaité honorer la langue des Indiens Navajo lors de la mission Perseverance (2021-03-024 – La mission Perseverance Mars Rover de la NASA honore la langue navajo)

Jacques DUFOUR

Mission Mars – Sol 22 – article de Jacques Dufour

Le robot Perseverance se porte bien : les ingénieurs du JPL et du CNES français qui l’auscultent depuis son arrivée spectaculaire sur la planète rouge ont confirmé qu’il dispose de 100 % de son potentiel. Ses instruments auraient pu être endommagés durant son long voyage interplanétaire par le froid, les rayons cosmiques et les vibrations lors de l’entrée dans l’atmosphère, par le choc de l’atterrissage, par la poussière et les graviers projetés par les rétrofusées du Skycrane. Mais rien de tel, il va poursuivre pendant quelques semaines encore son check up. Les ingénieurs lui ont téléchargé un nouveau logiciel adapté à son futur roulage et ses travaux d’analyses du sol martien.

Aujourd’hui 12 mars 2021, pour Perseverance, c’est le 22e « sol » sur Mars (c’est ainsi que l’on nomme les jours martiens qui font 40 minutes de plus que nos jours terrestres).

La NASA a diffusé la carte jointe où le petit point blanc signale l’endroit où il s’est posé. Le parcours en bleu lui permettra d’explorer le terrain relativement plat du fond du cratère Jézéro, une petite mise en jambe en somme. Le parcours en bleu sera un peu plus sportif, puisqu’il lui demandera d’escalader les chaotiques alluvions déposées dans ce delta, puis de gagner le lit de l’ancienne rivière Néretva qui coulait en ce lieu il y a plus de 3 milliards d’années. Au rythme de 200 mètres par « sol », il lui faudra plusieurs mois avant d’atteindre cette vallée où les scientifiques espèrent trouver d’embryonnaires traces de vie passée.

La seconde image présente le parachute avec, en surimpression, le message décodé pour lire le message caché (voir mail du 24 février dernier).

A près de 3 000 km de là, son prédécesseur Curiosity, qui roule sur Mars depuis 2012, jalouse un peu l’insolent engouement médiatique autour de Perseverance. Pour pallier cette petite contrariété, il nous a envoyé une magnifique image de l’impressionnant canyon qu’il explore. Histoire qu’on ne l’oublie pas, ni lui, ni les ingénieurs qui le pilotent…

La Section Astronomie vous souhaite un agréable week-end sur Terre,

  Jacques DUFOUR

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