Lettre d’information aux adhérents du 13 avril 2021

Chère adhérente, cher adhérent,

En ce début des vacances de printemps, les conséquences de la situation sanitaire générale restent figées pour ce qui concerne les activités culturelles.

Le décret n° 2021-255 du 9 mars 2021 proroge jusqu’au 31 juillet 2021 les mesures déjà reconduites, au début décembre 2020, jusqu’au 1er avril 2021. Elles portent sur l’adaptation des règles de réunion et de délibération des assemblées et organes dirigeants des personnes morales (dont les associations culturelles).

Cette nouvelle prorogation, pouvant ne pas être la dernière, justifie pleinement le choix de vos administrateurs, opéré au milieu du mois de février 2021, de tenir l’assemblée générale le 24 avril, à 10 h 00, sous une forme inédite. Annoncée le 8 mars, la tenue à distance de cette assemblée a nécessité la mise en place d’un dispositif qui, du fait de sa relative complexité, a donné lieu à l‘envoi, par courriel ou courrier, de documents explicatifs à partir du 26 mars.

La réussite de l’opération suppose une participation massive des adhérents appelés à renvoyer, avant le 17 avril, un pouvoir au bureau ou un bulletin de vote dûment renseignés. Un rappel dans ce sens a été fait le 6 avril. Au cours de la semaine passée, j’ai tenu à remercier personnellement les sociétaires s’étant manifesté.

Outre ce vote par correspondance, il vous sera donné la possibilité d’assister à cette assemblée, prévue en deux parties à 10 h 00 et 11 h 00, à l’aide de l’application Zoom. A la condition d’une inscription préalable à l’adresse e-mail de la Société, sdsdc86@bbox.fr, des liens seront communiqués aux adhérents intéressés.   

Par ailleurs, les responsables de votre association et moi-même remercions la majorité d’entre vous qui ont bien voulu, au cours du premier trimestre, renouveler leur cotisation au titre de l’année 2021. Les retardataires, souvent involontaires, sont invités à faire de même sans attendre une possible relance des administrateurs. Déjà embarrassante, cette démarche accapare des dirigeants sollicités pour d’autres tâches également indispensables à la bonne marche de la Société.

En la matière, après la diffusion du bulletin n° 154 à la fin de mars et au début avril, l’équipe « publications » concocte le numéro 155. De son côté, la section « astronomie », en la personne de Jacques Dufour, son président, relate régulièrement l’odyssée de Persévérance sur Mars. Outre une diffusion par courriel, une insertion de ses articles est faite sur le site de la Société. Philippe Bellin, à tête de la section « nature », met sur pied des sorties botaniques pour les prochaines semaines. Les responsables des deux autres sections se préparent à une reprise des conférences à l’automne tout en proposant des articles destinés au bulletin. 

En espérant vous retrouver en bonne santé, par écran interposé, le 24 avril, les membres du conseil d’administration et moi-même vous recommandons de bien prendre soin de vous et de vos proches.  

A très bientôt.

Votre président, Denis Lemaître.

Mission Mars – Sol 46 – Ingenuity sur le sol martien – article de Jacques Dufour

Ingenuity sur le sol martien !

Le rover Perseverance a largué son petit compagnon Ingenuity. Les pieds de l’hélicoptère sont entrés en contact avec la surface martienne et le rover s’est rapidement éloigné.

« L’hélicoptère est sur la zone de vol ! » : la Nasa a confirmé aujourd’hui 4 avril 2021 qu’Ingenuity avait bien été posé sur Mars. À l’issue d’un déploiement qui a pris plusieurs jours, le rover a enfin pu se séparer d’Ingenuity. L’hélicoptère a fait une petite chute de 10 centimètres, depuis le ventre du rover auquel il était attaché par le haut. Les images brutes diffusées par l’agence spatiale montrent que Perseverance s’est ensuite mis à rouler, afin de laisser l’hélicoptère profiter des rayons du Soleil. Ingenuity doit désormais compter sur son panneau solaire, installé au-dessus de ses pales, pour obtenir de l’énergie.

Comme l’a mentionné le Jet Propulsion Laboratory, la prochaine étape pour Ingenuity, après ce contact réussi avec la surface martienne, est de survivre à la première nuit seul sur la planète, sans l’aide du rover. Ingenuity doit supporter des températures allant jusqu’à -90°C. Tant qu’il était lié à Perseverance, Ingenuity pouvait compter sur lui pour garder une batterie chargée à 100 %. Désormais, il doit s’alimenter seul en énergie, ce qui est nécessaire pour faire fonctionner son système de chauffage. L’agence spatiale doit vérifier si son hélicoptère survit à cette première nuit, si son panneau solaire fonctionne correctement et si les performances de la batterie sont bonnes. Si tel est le cas, il sera possible de passer aux étapes suivantes : déverrouiller les pales d’Ingenuity et tester tous ses capteurs et moteurs.

La première tentative de vol doit avoir lieu au plus tôt le 11 avril prochain. Si cet essai n’est pas repoussé, les premières données devraient ensuite arriver sur Terre le lendemain, le 12 avril. Il se contentera de s’élever, puis de redescendre, ce qui représente déjà un grand défi dans l’atmosphère martienne. Le vol doit durer une vingtaine de secondes, avec une altitude maximale de 3 mètres. Le rover, lui, doit observer la scène à 100 mètres de distance : de cette façon, les communications entre Perseverance et Ingenuity sont possibles, mais le rover reste en sécurité si l’hélicoptère échoue à sa mission. Si la première tentative de vol se passe bien et qu’Ingenuity est toujours fonctionnel, un autre vol sera réalisé. Au total, la Nasa prévoit jusqu’à 5 vols maximum, à chaque fois envisagés en fonction des résultats des essais précédents. Les paramètres des vols pourront changer, avec des déplacements horizontaux, des altitudes plus élevées (jusqu’à 5 mètres) et des durées plus longues (environ 90 secondes). L’hélicoptère est équipé de deux caméras qui doivent servir à immortaliser ses vols.

Pièce du premier avion des frères Wright à bord

La NASA a également annoncé que l’hélicoptère expérimental contenait un petit échantillon de tissu de l’avion Wright Flyer de 1903 des frères Wright.

Le parc historique de Carillon à Dayton, Ohio, la ville natale des Wright, a fait don du morceau de mousseline de la taille d’un timbre-poste de l’aile inférieure gauche de l’avion à la demande de la NASA. L’échantillon a fait le voyage de 480 millions de kilomètres vers Mars avec la bénédiction de l’arrière-petite-nièce et arrière-petit-neveu des frères Wright, a déclaré le conservateur du parc Steve Lucht.

« Wilbur et Orville Wright seraient heureux de savoir qu’un petit morceau de leur Wright Flyer I de 1903, la machine qui a lancé l’ère spatiale avec un vol d’à peine 400 m, va à nouveau entrer dans l’histoire sur Mars », ont déclaré Amanda Wright Lane et Stephen Wright, dans un communiqué fourni par le parc. Orville Wright était à bord pour le vol motorisé et contrôlé le 17 décembre 1903 à Kitty Hawk, en Caroline du Nord. Les frères se sont relayés, effectuant quatre vols ce jour-là.

Un fragment de bois et de tissu du Wright Flyer a volé vers la Lune avec Neil Armstrong d‘Apollo 11 en 1969. Un échantillon a également accompagné John Glenn en orbite à bord de la navette spatiale Discovery en 1998. Les deux astronautes venaient de l’Ohio. Le matériau est collé à un câble sous le panneau solaire de l’hélicoptère.

(En faisant preuve d’un peu de chauvinisme, il faut toutefois préciser que Clément Aderingénieur français, pionnier de l’aviation, serait le premier à avoir fait décoller un engin motorisé plus lourd que l’air 13 ans plus tôt en 1890, même s’il n’existe pas de preuve formelle qu’il ait effectivement quitté le sol, ni qu’il ait pu manœuvrer l’appareil).

 

Bonne soirée sur Terre,

Jacques Dufour

Mission Mars – Sol 44 – article de Jacques Dufour

Dans quelques jours, la NASA enverra un message au petit hélicoptère Ingenuity pour qu’il effectue son premier vol autonome sur la planète Mars.

Durant ces derniers jours, le capot qui le protégeait a été éjecté et Ingenuity qui était replié sous le ventre du robot Perseverance s’est déployé (voir vidéo jointe réalisée lors d’un essai sur Terre).

Pour ce premier vol, il s’élèvera à 3 mètres du sol, restera stationnaire 30 secondes, et reviendra se poser. Quatre autres vols de quelques centaines de mètres sont prévus avec une durée pouvant aller jusqu’à 90 secondes. Une fois la phase d’expérimentation achevée, l’hélicoptère sera abandonné sur place et le rover Perseverance entamera sa mission scientifique.

Ci-contre, une vue de la zone choisie par la NASA pour effectuer les vols. Une aire sans dune ni gros rochers qui pourraient déséquilibrer l’hélicoptère lors de son atterrissage.

Sans attendre la fin des tests d’Ingenuity sur la planète Mars, la NASA a commencé à étudier une deuxième génération d’hélicoptère capable cette fois de remplir une mission scientifique sur la planète Mars, avec une portée entre deux recharges de ses batteries de 2 kilomètres et un temps de vol maximal de 4 minutes. La principale contrainte est le volume nécessaire pour stocker les ailes des rotors. Selon l’étude de la NASA publiée début 2020, le véhicule de descente des missions martiennes existantes de type Pathfinder (2,5 mètre de diamètre intérieur) pourrait transporter un hélicoptère d’une vingtaine de kilogrammes de type hexacoptère (6 rotors) en transportant une charge utile (instrument scientifique, caméra) de 2 à 3 kilogrammes. Le volume disponible dans l’étage de descente permettrait de transporter des équipements supplémentaires, comme un système de télécommunications et des instruments scientifiques.

Vous trouverez en fichier attaché d’autres informations sur cette mission.2021-004-003 – Ingenuity

Bonne journée sur Terre,

Jacques DUFOUR

Un chasseur d’images amateur à la fin de l’hiver 2020-2021

A la mi-février, pour le département de la Vienne, l’obligation du port du masque est prolongée jusqu’au 31 mars 2021, à l’exception des espaces non urbanisés. Au cours des dernières semaines de l’hiver, le chasseur d’images amateur va rechercher ces rares zones dans la ville de Châtellerault et les abords immédiats s’offrant ainsi la possibilité d’ôter le masque chirurgical bleu. Respectant le couvre-feu avancé à 18 h 00 depuis le 16 janvier, il n’a aucunement besoin de générer une attestation de déplacement dérogatoire. Par ailleurs, lors de cette période ensoleillée, son souci constant sera de s’éloigner de ses congénères pour observer en toute quiétude les oiseaux et autres manifestations de la nature.

Ce souci aura pour conséquence un abandon progressif du site de la Manu et des rives de la Vienne en aval du pont Henri IV où les Châtelleraudais sont de plus en plus nombreux. Après une fréquentation régulière du lac et de la forêt domaniale, il va mettre le cap plus au sud en rejoignant le centre de loisirs de Beaumont-Saint-Cyr et Chauvigny.

Auparavant, le 17 février, il retourne toutefois sur le site de la Manu où les voies de circulation longeant le canal font l’objet d’un nettoyage à la suite de l’inondation du 3. Très tôt, au début de l’après-midi, la femelle martin-pêcheur se montre dans un arbuste en bordure de la confluence de l’Envigne et de la Vienne. Il n’aura pas l’occasion de la revoir avant l’arrivée du printemps. Selon un spécialiste de la LPO, la turbidité de l’eau, gênant son activité de pêche, explique son absence prolongée. Le jardin du directeur accueille les premiers papillons : un citron et un paon de jour. L’arrivée d’un groupe de jeunes « se posant » sur l’aire de pique-nique à l’extrémité sud, met fin à son observation. Ils s’accordent un moment de repos après un passage au skate-park alors très fréquenté.

Jusqu’à la fin de février, le lac et la forêt lui fournissent un moment de répit, très vite écourté. A l’ouest de la pièce d’eau, la rive, la prairie et l’orée du bois sont particulièrement animées : s’y retrouvent geai des chênes, pinson, mésange, rouge-gorge. Le long d’un chemin forestier, à l’arrière des concessions automobiles, un écureuil roux s’amuse dans les hautes branches avec pour voisine, une sittelle torchepot. Dès le 23 février, des papillons se manifestent : grande tortue et vulcain notamment. Outre les promeneurs de chiens, randonneurs, vététistes, pilotes de quad et autres engins motorisés troublent ses sorties. En plus, quelques écoles voisines y ont délocalisé leurs activités sportives.

Au début du mois de mars, il prospecte avec bénéfice les bosquets du quartier est des Renardières en aval du pont Maréchal Lyautey. Sittelle torchepot, grimpereau et pic épeiche y côtoient pinson, mésange, pouillot et rouge-gorge dans des arbres survolés par des corbeaux croassant sans interruption. Le dimanche 14 mars, des pêcheurs et leurs voitures stationnées au bord de la rivière l’obligeront à faire demi-tour. Il en sera de même le mercredi suivant avec le passage d’une tondeuse tractée le long de la rue Charles Plessard.

Le premier samedi de ce même mois, la recherche de nouveaux volatiles le conduit, en famille, au centre de loisirs de Beaumont-Saint-Cyr. Il n’est pas le seul à avoir eu cette idée. Plusieurs familles s’y retrouvent notamment pour déjeuner en plein air. Des enfants un peu bruyants troublent sa visite de la réserve ornithologique, zone interdite à la promenade de River et donc de sa maîtresse. Malgré tout, vanneaux et grèbes, tous huppés, y sont observés. Un prunier en fleurs y accueille quelques insectes dont un vulcain. 

Le 19 mars, une très courte excursion au nord de Châtellerault, en compagnie de Jean Langoumois, marquera la fin de l’hiver avec la manifestation de quelques hérons garde-bœufs à Antran.

Après l’apparition de quelques fleurs, le changement de saison sera marqué par de nouvelles mesures de freinage concernant seize départements pour un mois. Maintenu sur l’ensemble de la France, le couvre-feu sera décalé à 19 heures à partir du 20 mars.

 

Denis Lemaître

Mission Mars – Sol 24 – article de Jacques Dufour

Le rover Perseverance effectue toujours de petits déplacements à la surface de Mars. Les ingénieurs du JPL hésitent toujours entre 2 itinéraires pour lui faire rejoindre les dépôts d’alluvions du delta. Ils ont diffusé une belle image de synthèse du cratère Jezero (où s’est posé Perseverance le 18 février) tel qu’il était, il y a 3,5 milliards d’années.  A cette époque, l’eau coulait encore sur la planète rouge et la rivière que l’on nomme aujourd’hui Néretva s’écoulait dans ce cratère (en haut à gauche de l’image). C’est cet endroit aujourd’hui asséché que le rover va explorer, en réalisant des prélèvements et mesures à la recherche d’hypothétiques traces de vie passée. Le lac de 39 km de diamètre qui s’était formé dans ce cratère se déversait à son tour dans la vallée visible en bas à droite de l’image.

La NASA envisage la date du 8 avril au plus tôt pour effectuer la première tentative de vol motorisé de l’hélicoptère Ingenuity. Cependant, avant que le frêle hélicoptère de 1,8 kilogramme ne puisse tenter son premier vol, lui-même et son équipe doivent franchir une série d’étapes de vérifications.

Ingenuity reste pour l’instant attaché sous le ventre du rover Perseverance. Le 21 mars, le rover a retiré le bouclier en graphite composite qui protégeait Ingenuity lors de l’atterrissage. Le rover est actuellement en transit vers « l’aérodrome » où Ingenuity tentera de voler. Une fois déposé au sol, Ingenuity disposera de 30 jours martiens, ou sols, pour mener sa campagne de vols d’essai.

Voler de manière contrôlée sur Mars est bien plus difficile que voler sur Terre. La planète rouge a une gravité significative (environ 40% de celle de la Terre), mais la densité de son atmosphère ne représente que 1% de celle de la Terre au niveau du sol. Pendant la journée, la surface de la planète Mars ne reçoit environ que la moitié de la quantité d’énergie solaire qui atteint la Terre pendant une journée, et les températures nocturnes peuvent chuter à moins 90 degrés Celsius, ce qui peut geler et fissurer des composants électroniques non protégés.

La NASA a souhaité honorer la langue des Indiens Navajo lors de la mission Perseverance (2021-03-024 – La mission Perseverance Mars Rover de la NASA honore la langue navajo)

Jacques DUFOUR

Mission Mars – Sol 22 – article de Jacques Dufour

Le robot Perseverance se porte bien : les ingénieurs du JPL et du CNES français qui l’auscultent depuis son arrivée spectaculaire sur la planète rouge ont confirmé qu’il dispose de 100 % de son potentiel. Ses instruments auraient pu être endommagés durant son long voyage interplanétaire par le froid, les rayons cosmiques et les vibrations lors de l’entrée dans l’atmosphère, par le choc de l’atterrissage, par la poussière et les graviers projetés par les rétrofusées du Skycrane. Mais rien de tel, il va poursuivre pendant quelques semaines encore son check up. Les ingénieurs lui ont téléchargé un nouveau logiciel adapté à son futur roulage et ses travaux d’analyses du sol martien.

Aujourd’hui 12 mars 2021, pour Perseverance, c’est le 22e « sol » sur Mars (c’est ainsi que l’on nomme les jours martiens qui font 40 minutes de plus que nos jours terrestres).

La NASA a diffusé la carte jointe où le petit point blanc signale l’endroit où il s’est posé. Le parcours en bleu lui permettra d’explorer le terrain relativement plat du fond du cratère Jézéro, une petite mise en jambe en somme. Le parcours en bleu sera un peu plus sportif, puisqu’il lui demandera d’escalader les chaotiques alluvions déposées dans ce delta, puis de gagner le lit de l’ancienne rivière Néretva qui coulait en ce lieu il y a plus de 3 milliards d’années. Au rythme de 200 mètres par « sol », il lui faudra plusieurs mois avant d’atteindre cette vallée où les scientifiques espèrent trouver d’embryonnaires traces de vie passée.

La seconde image présente le parachute avec, en surimpression, le message décodé pour lire le message caché (voir mail du 24 février dernier).

A près de 3 000 km de là, son prédécesseur Curiosity, qui roule sur Mars depuis 2012, jalouse un peu l’insolent engouement médiatique autour de Perseverance. Pour pallier cette petite contrariété, il nous a envoyé une magnifique image de l’impressionnant canyon qu’il explore. Histoire qu’on ne l’oublie pas, ni lui, ni les ingénieurs qui le pilotent…

La Section Astronomie vous souhaite un agréable week-end sur Terre,

  Jacques DUFOUR

Lettre d’information aux adhérents du 8 mars 2021

Chère adhérente, cher adhérent,

A la veille de l’anniversaire du premier confinement de 2020 et à quelques jours du printemps 2021, l’horizon ne s’éclaircit pas pour une reprise normale des activités de la Société des Sciences.

A court terme, l’assemblée générale ordinaire, programmée le 24 avril, se tiendra à distance. Les documents nécessaires notamment aux votes vous seront adressés en même temps que le bulletin n° 154 avec une notice explicative. Une mise en ligne de l’ensemble sur le site est envisageable. Si la diffusion de ces écrits par internet occasionne très peu de frais, il en va tout autrement pour un envoi postal atteignant près de 6 € par bulletin. A titre indicatif, le montant de l’adhésion des sociétaires concernés couvre juste les trois envois annuels des bulletins vendus au « prix coûtant » de l’impression. La finalité des adhésions est de permettre le bon fonctionnement de l’association et non de servir au seul affranchissement des bulletins.

Aussi ai-je le sentiment de devoir rappeler, à celle ou celui qu’il ne l’aurait pas encore fait, l’intérêt de régler au plus tôt la cotisation surtout lorsque la « version papier » du bulletin a été choisie et qu’une distribution par les « coursiers » bénévoles de la Société ne peut être assurée.

Par ailleurs, pour éviter de tomber dans une certaine léthargie, vos administrateurs multiplient les initiatives. La section « Astronomie », avec Jacques Dufour, vous propose de suivre l’aventure de Perseverance sur Mars avant de participer à des animations autour de la jeep lunaire au milieu de l’été. La section « Histoire » recherche des thèmes et des conférenciers pour l’automne prochain. La section « Nature » réfléchit à la mise sur pied de sorties au cours du printemps. La section « Patrimoine et architecture » prépare ses prochaines interventions en public. Dans le domaine patrimonial local, quelques-uns s’initient à la réalisation de courtes vidéos pouvant être diffusées sur une chaîne YouTube. Quant à elle, l’équipe « publications » œuvre déjà pour les bulletins n° 155 et n° 156. L’édition d’un bulletin spécial est à l’étude, même si aucun sujet n’a encore été retenu.

Ces projets s’ajoutent bien sûr aux préparatifs liés à l’organisation de l’assemblée générale du 24 avril. Même à distance, votre participation est essentielle à la vie de l’association. Outre une possible connexion par Zoom, à 10 h 00 le jour dit, un retour des pouvoirs et bulletins de vote dans le délai imparti est hautement souhaité.  

Prenez toujours bien soin de vous et de vos proches. A très bientôt.

Le 08 mars 2021.

Votre président, Denis Lemaître.

Mission Mars – Premiers tours de roues de Perseverance, article de Jacques Dufour

Le robot Perseverance s’est déplacé de 4 mètres vers l’avant et a effectué une rotation vers la gauche. Puis il a reculé de 2,5 mètres. Le tout en 33 minutes.

Sur la photo jointe, on aperçoit au centre l’endroit où il s’est posé et, à gauche et à droite, les zones qui ont été soufflées par les rétrofusées au moment de son atterrissage. Les traces de ses roues sont bien visibles au centre et en bas à droite. En haut de l’image, à 1,8 km, ce sont les alluvions du delta qu’il doit explorer.

La zone d’atterrissage avait donc été bien choisie, puisqu’elle comporte peu de roches en relief et qu’elle est très plate. D’autres trajets un peu plus longs sont prévus ces prochains jours. Le véhicule sera capable de parcourir 200 mètres par jour martien (des journées très légèrement plus longues que sur Terre, soit 24 h 40 min). Il se déplacera cinq fois plus vite que Curiosity, l’autre rover de la Nasa encore en activité sur Mars depuis 2012.

Bientôt, l’hélicoptère Ingenuity, qui doit devenir le premier engin motorisé à voler sur une autre planète, doit être relâché du dessous du rover, où il se trouve encore pour le moment. Les équipes de la Nasa cherchent actuellement le meilleur endroit pour effectuer ce vol historique, « avant la fin du printemps », a promis vendredi Robert Hogg, chef adjoint de la mission. Le rover a déjà envoyé vers la Terre plus de 7 000 images, capturées par ses nombreuses caméras. Sur l’une d’elles, on peut voir une roche de couleur marron clair de 70 cm de long, sur laquelle a été utilisé pour la première fois l’instrument scientifique SuperCam, une caméra ultra sophistiquée de la taille d’une boîte à chaussures, conçue par le CNES français à Toulouse. Elle est équipée d’un laser qui peut tirer sur une roche jusqu’à 7 mètres de distance afin de pouvoir analyser sa composition.

Les résultats seront présentés par la Nasa la semaine prochaine.

Le jour martien de 24 h 40 minutes impose aux 250 ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory et de la NASA de travailler pendant le jour martien en décalant leurs horaires de travail de 40 minutes chaque jour ! Pas simple de conjuguer vie de famille, travail décalé, enthousiasme d’une mission réussie et… heures de sommeil ! Même chose pour les ingénieurs du CNES à Toulouse qui pilotent la caméra du bras du robot. Tous les 37 jours terrestres ils retrouvent les horaires du premier jour, puisque cela correspond à 30 jours martiens. Ereintant le travail au JPL, à la NASA, et au CNES !

 

6 mars 2021

Jacques DUFOUR

Mission Mars – Les préparatifs de Perseverance, article de Jacques Dufour

Bientôt deux semaines que Perseverance s’est posé sur la planète rouge ! Tout va bien pour lui et la panoplie d’instruments qu’il transporte. Comme prévu dans le planning établi, il n’a pour l’instant pas encore roulé sur le sable rouge qui l’entoure. Les ingénieurs du Jet Propulsion Laboratory testent préalablement tous ses instruments et effectuent des calibrations du matériel embarqué.

Son bras articulé au bout duquel se trouve la caméra construite par le CNES à Toulouse a été activé et 6400 photos ont déjà été prises. Les ingénieurs ont procédé ainsi à une inspection visuelle du robot en réalisant une myriade d’images de l’ensemble de ses équipements pour vérifier qu’ils n’ont subi aucun dommage durant la phase périlleuse de l’atterrissage où du sable et des graviers ont été projetés par les rétrofusées.

Vous trouverez ci-contre en exemple une page comportant 20 photos, téléchargée sur le site de la NASA.

Des logiciels informatiques permettent de les assembler pour créer des images panoramiques. Vous en trouverez, ci-dessous, un bel exemple présentant une vue à 180° où l’on voit au premier plan le rover – un peu déformé par la distorsion du montage – et au second plan le paysage martien, avec au loin les reliefs du bord du cratère Jézéro.

Le rover semble prêt pour partir dans quelques jours explorer ce terrain un peu chaotique.

Petite anecdote au sujet d’un message destiné aux générations futures : alors que ce bijou de technologie était en cours de préparation avant son envol l’an dernier, notre planète bleue était déjà plongée dans la plus grande crise sanitaire du siècle. Les responsables de la Nasa ont alors eu l’idée de saluer à leur manière le travail des médecins, infirmiers et soignants du monde entier. Ils ont installé une plaque sur le côté gauche du châssis du rover, entre les roues centrale et arrière, représentant le caducée surmonté d’une Terre.

Sur cette plaque d’aluminium de huit sur treize centimètres, on aperçoit la trajectoire du vaisseau spatial partant de la Floride vers la planète Mars, un tout petit point à l’arrière-plan. « Nous espérons que lorsque les générations futures se rendront sur Mars et découvriront cette plaque sur notre rover, cela leur rappellera que sur Terre en 2020, il y avait de telles personnes », a expliqué Matt Wallace, directeur adjoint du projet Perseverance au JPL.

Bonne journée sur Terre !

3 mars 2021

Jacques DUFOUR

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